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jeudi 19 décembre 2013

Je t’offrirai des spectacles admirables, Sur les épaules de Darwin, Jean-Claude Ameisen

J’avais jeté toute mon énergie pour faire le panégyrique du premier opus de cette série il y a un an. J’aurai dû en garder sous la pédale...

Déjà, rappelle-toi que je les regarde différemment les abeilles maintenant car oui, Jean-Claude Ameisen nous offre, avec ce deuxième volet de Sur les épaules de Darwin, un grand écart qui va des abeilles aux étoiles.
As-tu déjà entendu bourdonner un tilleul en fleurs un après-midi du mois de juillet ? Sais-tu les octaves frémissantes et laborieuses qui se déploient dans la proximité des étés de nos enfances ? Une merveille de l’évolution ces petites Apis mellifera.
As-tu vu ce même vénérable tilleul, quelques heures après, se découpant en silence et à contre-nuit de la poussière lumineuse et cendrée de la voie lactée ? Quel magnificence ! Que de promesses furent scellées dans cet ombre stellaire et solennelle.

Et bien tel est le voyage que nous propose l’ami Jean-Claude, entre abeilles et cosmos...
Oui, nous sommes à la croisée de tous les temps et de tous les dieux, des mathématiques les plus rigoureuses aux philosophies les plus débridées ; nous sommes immergés dans la musique du vivant et de l'intelligent, dans son tempo, dans le biologique, le circadien, dans cette conjugaison d’une infinité de petits vortex qui oscillent, chacun à son rytme, et dont les ballets asynchrones tissent les vibrations hétérogènes de la matière pour fabriquer cette formidable et consensuelle Tapisserie de Bayeux qu’on appelle le temps… ou la distance.

Oui, Jean-Claude Ameisen, doit être béatifié de son vivant… je lance ici ce cri :
Santo subito !

Au minimum, ce mec doit finir à l'académie, sinon je ne comprendrai plus car quel curé, quel guru (rabbin, imam, chaman, etc.),  est-il capable de tenir ses ouailles en si grande vigilance tous les samedis matins, sur France Inter, à 11h... Hum ? 
Quel passeur peut-il susciter à un esprit gourd comme le mien ces échos de T.S. Eliot, de Pline l'ancien (ou le neuf), de Nabokovs, de Kundera, ou de ce terrible Borges... qui sinon St Jean-Claude ? Qui peut nous éclairer sur ces géants de l’esprit, nous les contextualiser de sorte que leurs pensées nous comblent et nous ravissent, si peu que nous fassions l’effort de les invoquer à nouveau ?
Qui ?
En lisant ce bouquin ou en écoutant son émission, on comprend bien que l'ami Ameisen nous distille une panacée universelle ; nous le recevons tous, tête baissée et songeuse, le samedi matin… sans fautes ! Et nous comprenons alors que Maya l'abeille et E.T. l’estraterestre concensuel partagent le même univers que nous… Nous sommes rassérénés et cependant encore un peu inquiet d’avoir un instant, presque une heure, touché à l’admirable complexité du vivant, d’avoir frôlés ces éons de contingences appliquées aux mécanismes primordiaux de l’anima, à ce foisonnement de solutions surprenantes et merveilleuses ; nous sommes étonnés d'appartenir à cette communauté et nous nous régalons en croquant ces flocons de savoir.
Et, de fait, nous goûtons à nouveau les félicités nocturnes et estivales de nos premières amours, sous l'ombre lunaire des tilleuls d'une nuit de juillet... et sous la grandiose indifférence de l'Univers.


 Merci à monsieur Ameisen… merci.


la parole selon Saint Jean Carmet



Quesqu'on disait ? Ah ouais : Santo subito !

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