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mercredi 10 septembre 2014

Sanctuaire, William Faulkner

Quel dommage de lire les Faulkner dans le désordre !
Je comprends mieux la structure qu’il y avait dans “Le bruit et la fureur”, car dès “Sanctuaire” on devine bien que l’animal aime à torturer la flèche du temps. Ok, ici c’est plus policé, presque classique, mais il faut quand même lire jusqu’à la fin pour être sûr de ce qui tu as compris. L’est comm’ çà, l’ami William, il aime bien te faire patienter… Salop !

Encore un naufrage, donc… le naufrage de l’innocence, l’histoire d’un viol.
Encore des problèmes avec les prénoms, Temple Drake c’est une fille, déjà, pour un mec on comprend mal, pour une fille… Brèfe, la donzelle Temple fait le mur de son pensionnat de jeunes filles et va faire une virée en bagnole avec le jeune con Gowan, qui n’a pas dessoûlé depuis… depuis combien, au fait ? Bon, accident de bagnole réglementaire, dans un bled du Mississipi, grosse frayeur quand il faut passer la nuit dans un gourbi de bouilleurs de crue (1929, nous sommes en pleine prohibition) ; Le jeune couillon va continuer à se saouler comme un polonais pendant que sa copine d’un soir se fera violer à la “panouille de maïs" par cet impuissant de Poppey ; oui, monsieur à des besoins qu’il ne peut physiquement assouvir, ça ne l’empêche pas d’être un mac émérite et de faire ensuite turbiner la jeune Temple dans un bordel de Menphis.
Mais il y a eu meurtre, et justice devra passer : il y aura pendaison !

L’ambiance est très très glauque, fastidieuse, oppressante ; les personnages, mâles ou femelles, blacks ou cul-blancs, putes ou bootleggers, sont poussés dans des angles extrêmes ; l’innocence livrée au mal… Argh ! On barbote dans un reliquat de gésine bien dégueux.
Malraux voit dans Sanctuaire “[...] l’intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier.”, certes, certes...  j’y vois aussi un hyper-réalisme ontologique terriblement déplaisant, dérangeant.  

Pas de doute, c’est du Faulkner !

Je crois que j’ai eu ma dose de cézig pour les prochains vingts ou trente millions de secondes.




Maman ! Je ne veux pas finir en sextoy… BOUUU !

1 commentaire:

  1. Faulkner c'est trop fort pour moi. J'ai lu "Sartoris" il y a une grosse vingtaine d'années, à l'époque où j'éclectisait un max parmi les classiques français ou étrangers. Il ne m'en est rien resté, à part le souvenir d'un style pas forcément très abordable et une grande impression d'ennui.

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