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vendredi 26 avril 2013

GÂNDHÎ, Jacques Attali

Fiouuu... que c’était bien. Passionnant. Impossible de décrocher d’une épopée pareille...
Qu’est-ce que j’ai aimé cette biographie.  Les quelques dernières qui me sont passées sous les crocs décrivaient des monstres. Des monstres magnifiques, soit, mais quels horribles salopards sanguinaires et paranoïaques. Que de millions de morts !

Là, c’est l’inverse ; une sorte d’avant-goût de ce que pourrait être l’humanité d’ici quelques milliers d’années.
Hé, les zélotes des religions du Livre, cherchez plus, vous l’avez eu votre putain de messie,  votre seconde avenue, votre parousie... et vous l’avez raté, vous l’avez même combattu de toutes vos forces ; pauvres cons de farangs obscurantistes ! C’était Lui, Môssieur Mohandas Karamchand Gandhi, ok ?  Il S’est incarné, ce n’est pas seulement le nom d'un géant dans un livre d’histoire ou dans un agrégat de données stocké dans un data-center de l’Iowa. Non, c’était aussi et surtout un Homme. Un incroyable petit bonhomme qui plus outre.
Respect, merde !

Pour ma part j’en parlerai dorénavant comme si j’évoquais le petit jésus, d’accord ? Un extrémiste de la non-violence. 
Un extrémisme qu’il faut pourtant “avaler” quand on découvre ce qu’il écrivait au Führer en 39  et qui démarre par “Dear friend”...
Un extrémisme que j’avale car quoi ? Il va au bout de sa logique, il n’a pas d’ennemi... et si d’aventure il en avait, il les aimerait !

La clef de son succès ?

D’une part un concept totalement a-naturel : La non-violence au service de la désobéissance civile.
Et rappelle-toi que ça ne se résume pas à un prône sur la tolérance, tout le monde il est gentil, ceci-cela. Ce n’est pas l’angélisme crétin de la victime consentante, non, c’est l’inverse, c'est terriblement transgressif, ça a la saveur amère du kamikaze, du "sacrifice de soi" d’une majorité pacifique mais intraitable, forte de son droit, offrant à l’Agresseur sa poitrine dénudée de sorte que seule une victoire à la Pyrrhus est envisageable ; puis cette pitoyable victoire acquise, le méchant ne régnera plus que sur la cendre des justes... c’est l’échec programmé de tout comportement agressif. Qu’est-ce que tu peux contre çà : rien. C’est sensément plus efficace que l’équilibre de la terreur à coup de mégatonnes nucléaires ; te dire si ça doit être bien ! La non-violence érigée en arme de guerre, ça frôle l’oxymoron, çà !

Et d’autre part, pour que ce concept, aussi beau soit-il, ait eu ce succès il lui fallait un catalyseur ; Gandhi. Il fallait l’exemplarité de sa vie, il fallait cette indéniable propension à fédérer les humbles et les humiliés par le biais d’une empathie quasi lévinassienne. Il était comme eux, le dernier des humiliés, il a vécu comme les petites gens, ne céda à aucunes facilités.
Toute sa vie il a réussi à convaincre des milliers d’hommes, en Afrique du Sud, en Inde et par contamination dans le monde entier. Nombre d’entre-eux trouvèrent (et trouvent encore) en lui l’avatar parfait, le réceptacle de ce nouvel honneur qu’il leur révélait si simplement ; la force de la conscience de soi et du pouvoir insoupçonné de l’inertie.
Hélas, la tolérance à ce niveau là ne put qu’entrer en conflit avec la compétition darwinienne qui préside au vivant, qu’insupporter le cerveau reptilien des primaires, des animaux, des excités de toutes obédiences et déclencha ainsi la haine irrépressible et meurtrière d'un Nathuram Vinyak Godse en l’occurrence.
Bang ! Bang ! ...


Gandhi ?  Un homme et un peu plus...



Ceci-dit et personne n’étant prophète en son pays, l’armée de l’air indienne des années 2010 se tate la couille gauche pour savoir si elle achètera 123 Rafales au père Dassault. La non-violence à ses raisons que le conflit Indo-Pakistanais ignore.




Je vous demande, peut-il le faire ? ...

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