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jeudi 15 mai 2014

Les quarante Hadiths, Imam An-Nawâwi

Bordel de Dieu (Qu'Il me pardonne), si ça continue je sens bien que le denier du culte va perdre ses vingt sacs annuel. C’est, sans doute, ce damné Malek Chebel (Que Dieu le patafiole) qui m’a fait tourrrné la têêêteuuu… (etc) !

Cela dit, là, on retombe dans du lourd, du solide, du rigide ; bien loin de la plume ébouriffante de notre ami Malekounet (Que Dieu l’épargne).
Ne vas pas cependant t'imaginer que je vais écrire du mal de l’Imam An-Nawâwi (Que Dieu lui accorde la paix du Chritz), bien au contraire : j’aime l’Imam An-Nawâwi (631-676 A.H.).
...
Quatrième de couverture :
L’Envoyé d’Allah (;-{) a dit: “Celui - de ma communauté - qui apprendra pour transmettre quarante hadiths en rapport avec les prescriptions religieuses, Dieu le ressuscitera parmi les docteurs de la loi et les savants”.
...
Là, vois-tu, mon côté pascalien (Que Dieu l'éradique) prend immédiatement le dessus, on sait jamais, hein ?  Si peu tant est qu’il existe des savantes, là-haut, aguicheuses (Que Dieu les multiplie), je veux bien qu’On me ressuscite, mais faudra que ce soit de bonnes suç… heu, bref… ch’te laisse les docteurs de la loi et les savants mâles, c’est pas mon truc.

Au fait, j’espère que tu sais ce qu’est un hadîth, farang-hermétiste chrétien, quoi que, si tu n’as pas bien capté A.H. derrière la date, tout à l’heure, je pense qu’il vaut mieux que tu passes par le stade prélavage : hadîth.
Donc, c’est ce qu’a dit le prophète (que Dieu lui accorde grâce et paix) ; c’est la tradition orale de l’islam, disons.

Voila comment ça se présente :

Hadith 5 (par exemple)

Bannissement des actes délictueux et des hérésies

Selon la mère des croyants, Um ‘abd Allah ‘Aycha (Que Dieu l’agrée) l’Envoyé d’Allah (Que Dieu lui accorde grâce et salut) a dit :
“Toute innovation dans notre enseignement sera bannie”
…

Hadith 12

Délaisser ce qui ne le concerne pas

Abu Hurayra (Que Dieu l’agrée) rapporte avoir entendu l’Envoyé d’Allah (Que Dieu lui accorde grâce et salut) dire :
“Une des vertus du musulman consiste à se détourner de tout ce qui ne le concerne pas”.
…

Hadith 14

Le respect du sang musulman et ses limites

Ibn Mas’ud (Que Dieu l’agrée) rapporte avoir entendu l’Envoyé d’Allah (Que Dieu lui accorde grâce et salut) dire :
“Le sang du musulman ne peut être légalement versé que s’il relève de l’un de ces trois cas : l’homme marié qui commet l’adultère, le meurtrier, qui devra subir le sort de sa victime et, enfin, celui qui renie sa foi et qui se sépare de sa communauté”.
...

Ètsétéra.

Quarante trucs de ce calibre, ni pires ni meilleurs que les mêmes conneries choses écrites dans la thora, la bible ou les exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola (Que le Cul lui pèle).

C’est à lire car il est toujours bon de se renseigner auprès de ce qui fait foi, mais faut pas en abuser… quarante d’un coup, tu pourras pas ! C’est comme le Ricard ou le Fernet-Branca, à petites doses...


Je constate nonobstant que quelle que soit la religion qui le grime, ce putain de Dieu est un incontournable empêcheur de vivre en rond.








Hum, tout cela ne me semble pas très chrétien...

mercredi 14 mai 2014

L’Islam, de chair et de sang, Malek Chebel

Malek, Malek, décidément tu me plais !

Ton “hypothèse sexuelle” raisonne encore à mon oreille comme le ferait… ch’ais pas, moi... une Harley équipée d'échappements Screamin’Eagle ; te dire si ce fut douce musique !

Hadiths à part, ami Malek, tu prends tout ton monde à contre-pied ; cette visite guidée au plus profond de l’Islam, jusqu’au coeur du Coran, me semble non pas tant révolutionnaire que lumineuse dès lors que l’on chausse les lunettes anthropologiques de ton hypothèse sexuelle. Mais faut bien avouer, ça décoiffe, ma petite mise en plis en a pris un coup dans les miches !
C’est pertinent, sans concession et surtout, tu aimes les femmes, tu leur rends ce qu’il leur est dû : l’égalité, car à défaut d’être trinitaire comme l’Autre que je ne nommerai pas, l’humanité est duale ; Vénus n’est pas moins importante que Mars, c’est d’ailleurs une règle assez commune chez pas mal d’animaux… faut copuler, et c’est bien mieux quand on y met les formes, l’Amour si on veut, mais surtout le respect de l’autre… un peu de doigté les gars, merde !
... 

Cela dit, j’ai quand même défouraillé mon Coran pour repasser ravec toi tous les versets dont il est question... t’as raison, y en a !
Lecture encore une fois exigeante, mais désormais iconoclaste, avec ce nouvel angle d’attaque digne d’un Averroès des temps modernes (si, si…) ; j’ai bien moins souffert que les fois précédentes car tu crées un observateur capable de déchiffrer les creux, d'interpréter les manques... tu installes le farangum-vulgus que je suis dans le siège du pilote.
Et finalement, que retrouvons-nous dans ce Coran en suivant les petits cailloux que tu as semé (sang, sperme, jouissance, nudité, houris, pureté, luxure) si ce n’est l’animal que nous ne cesserons jamais d’être, l’Homme dans tous ses fluides&humeurs ; amour, sexe et viande, tout ce dont il ne faut pas parler mais auquel tout le monde pense et auquel personne n'échappe…

Le ton est d'ailleurs donné dès l’incipit :

Que serait l’islam sans le postulat de ce que j’appellerais : “l’hypothèse sexuelle” ? La fatwa aurait-elle cette importance cataclysmique si, par principe, elle refusait de s’immiscer dans la chair des damnés qu’elle vise à mettre au pilori ? Et l’imam, avec son orgueil démesuré - il parle au nom du Prophète, voire au nom de Dieu -, aurait-il l’influence qu’il a sans le conseil conjugal ou le talisman qu’il glisse négligemment dans le creux des seins de celle qui le consulte ? Et les rituels, tous les rituels de l’islam - l’ablution, l’initiation, la consommation, la circoncision - ne sont-ils pas d’abord l’aspect convenable de postures sexuelles plus masquées ? Quant à l’obsession des lavements que chaque croyant se doit d’observer quotidiennement, n’est-elle pas l’indice d’une impureté fantasmatique désignant les seules sécrétions corporelles ? L’excision fait-elle partie des prescriptions coraniques ? Qu’en est-il aussi du mariage de jouissance, de la houri (vierge du paradis), du sacrifice ?
...

Bravo, c’était parfait, je persiste cependant à penser que tu ne vas pas te faire que des amiches auprès de certains coreligionnaires, y z’ont pas tous tes facilités, non, y a pas mal de Brutus qui courent dans les écuries es-bondieuseries, résolument insensibles aux prises de perspectives, au pas de côté…

Je t’aime beaucoup, Malek Chebel, prends bien soin de tes miches et continue encore longtemps à nous dessiller sur cet islam des lumières.


© Facebook Femen France





« Mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne »

dimanche 11 mai 2014

Les derniers jours des rois, Patrice Gueniffey

Quel bonheur ce bouquin !

J’en ai appris des choses et surtout, qu’elle agréable remise à niveau dans le séquençage de nos têtes couronnées depuis Charlemagne !
Il s’agit donc d’une compile que nous devons à Perrin, Le Figaro-Histoire, réalisée sous l’égide de Patrice Gueniffey, mais qui, outre ce dernier, nous affranchissant sur la fin tragique de Louis XVI au chapitre quatorze, comporte des plumes telles que le fraîchement regretté Jacques Le Goff (Saint Louis), ou encore Laurent Theis (Hugues Capet), Jean-Pierre Babelon (Henri IV), etc.

Pour une fois, je vais te faire un vrai résumé de cet ouvrage qui permettra à une certaine faranga-estudianta d'acquérir, voire de consolider une rapide chronologie des principales  couronnes qui firent (ou défirent) la France et surtout d’avoir une vision bien plus nette et cohérente du 19e.
Bien sûr le côté iconoclaste du livre, son propos singulier est de te faire participer aux derniers jours de ces royaux lascars ; un régal.

C’est parti :

- Charlemagne (742-814), mort à l’age de 72 ans dans son lit, à Aix ; tracassé par la goutte depuis des années, il est finalement terrassé par une méchante pleurésie le 28 janvier 1814.

- Hugues Capet (939-996), mort de la variole à 57 ans (+ou -2 ans) le 24 octobre 996 près de Chartres.

- Philippe II, dit Philippe Auguste (1165-1223), mort dans son pieu à Mantes, sûrement des suites d’un paludisme contracté en Terre sainte en 1190

- Louis XI, dit Saint Louis (1214-1270), mort du typhus au siège de Tunis le 25 août 1270.

- Charles V, dit Charles le Sage (1338-1380), souffrant probablement de la tuberculose il meurt dans son pieu d’une angine de poitrine à Beauté-sur-Marne le 16 septembre 1380.

- Louis XI, dit le Prudent (1423-1483), mort à Plessis-lès-Tours le 30 août 1483.

- François Ier (1494-1547), bien que syphilitique, il meurt à cause d’une fistule anale le 31 mars 1483 au chateau de Rambouillet.
… “Le roi de France a une veine rompue et pourrie dessous les parties basses, par où les médecins désespèrent de sa longue vie, disant être celle de laquelle dépend la vie de l’homme et que si elle se rompt, qu’elle le suffoquera”... (Jean de St-Mauris)

- Henri II (1519-1559). Meurt le 10 juillet 1559 après avoir ramassé une lance dans la tronche en faisant le malin lors d’une joute, rue St-Antoine, à Paname.

- Henri III (1551-1589), le dernier des Valois, donc. Trépasse après une atroce agonie le 2 août 1589 à St-Cloud, poignardé au bas ventre par le moine illuminé Jacques Clément.
… “Ah ! Le méchant moine ! Il m’a tué ! Qu’on le tue !”...

- Henri IV (1553-1610). Là, je ne m’étends pas, nous savons tous qu’il fut ravaillaqué le 14 mai 1410.

- Louis XIII, surnomé Louis le Juste (1601-1643). Passe l’arme à gauche le 14 mai 1643 à St-Germain-en-Laye atteint de la maladie de Crohn (la maladie des trippes, disons).

- Louis XIV, le roi Soleil (1638-1715). Gangrène de la jambe, atroces souffrances, etc. Couic, le 1er septembre 1715.

- Louis XV, le bien aimé (1710-1774). Mort de la petite vérole le 26 avril 1774

- Louis XVI (1754-1793). Bon, c’est celui qu’on a massicoté le 21 janvier 1793 ; TCHAC !

- Napoléon Ier (1769-1821). Mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821 ; cause principale : cancer gastrique ; causes indirectes : angiocholite, colite chronique (constipation), cystite chronique, lésion pleuro-pulmonaires...

- Louis XVIII, le roi podagre, le roi-fauteuil (1755-1824). Le restaurateur, frère de Louis XVI et Charles X, gangrène généralisée.

- Charles X (1757-1836). Se fait sortir comme le locdu qu’il était en 1830 (Révolution de juillet, les Trois Glorieuses), exil et dernier râle le 6 novembre 1836  à Görz (Autriche) ; l’a chopé le choléra, ce con.

- Louis-Philippe (1773-1850). Le dernier “roi des Français”. Lui aussi meurt en exil, 26 août 1850, ceci dit, il calbute paisiblement.

- Napoléon III, Louis Napoléon Bonaparte (1808-1873).
Rhumatismes, hémorroïdes, goutte, fornicateur impénitent, crise cardiaque, syncopes et finalement ce qui l’emporte le 9 janvier 1873 c’est la lithiase, ou “maladie de la pierre”.



Voila, les rois meurent aussi, presque comme toi et moi, Dieu soit loué !

Merci à Georges Minois, Laurent Theis, Laurent Feller, Jacques Le Goff, Philippe Contamine, Jacques Heers, Didier Le Fur, Jean-François Solnon, Jean-Pierre Babelon, Françoise Hildesheimer, Jean-Christian Petitfils, Simone Bertière, Patrice Gueniffey, Thierry Lentz, Daniel de Montplaisir, Jean-Paul Bled, Arnaud Teysier, Eric Anceau.

Vous êtes tous mes amis.


Riton 4 & Ravaillac



Aïe ! Putain, ça pique...

mardi 6 mai 2014

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus, Eduardo Mendoza

Un agréable divertissement.

Des fois cocasse, des fois savante, des fois provocatrice et souventes fois ironique, cette crypto-évangile selon San Eduardo prête toujours au sourire.

Oui, farang-iscariote, les pérégrinations du philosophe itinérant Pomponius Flatus l'entraîneront dans un petit coin de la Palestine où il va être, bien malgré-lui, témoin et acteur d’un drame local et socio-culturel.
En effet, Joseph, le charpentier du village est accusé du meurtre d’un notable juif, mais son fils, le jeune Jésus, certain de l’innocence de son daron engage notre Sherlock-Pomponius comme enquêteur privé... contre vingt deniers. Marie, la mère du môme insiste ; y a pas, le Pomponius est fait aux pattes, faut débrouiller cet embrouillamini judéo-romain s’il veut pouvoir s’arracher de ce bled paumé et ignoré des Dieux.

S’ensuit une cascade de situasses plus ou moins saugrenues ; le condamné à être crucifier, Joseph, est le seul charpentier du bled, c’est donc lui qui doit fabriquer sa croix, on dit même qu'il ne serait pas le père de son fils, etc., tu sais comment c’est, les gens aiment bien bavasser ; et il y a même la petite Lalita, fille d’une pute du  Macumba local, qu’on retrouvera quelques années après en gagneuse d’un Jésus devenu le merlan que l’on sait dans la ville de Magdalena… mais ça c’est une autre histoire.
Ah oui, t’ai-je précisé que nous sommes à Nazareth, en - 18 av JC ?


Un livre qui se lit avec le sourire d’un bout à l’autre.

Eduardo est devenu mon ami, dis-donc.






 Ouah ! Putain, je vole...



 
(Dali, "Chritz de St. Jean de la Croix")

lundi 5 mai 2014

Sagesses de L'Islam, Malek Chebel

Je t’entends, Maleckounet, je te vois, je te calcule…
Je t’écoute sur France-Q, et j’ai finalement affuré quelques uns de tes bouquins.

Ouais, car avant toi, quand j’étais tout seul, je me suis empégué dans le Koran pendant une grosse vingtaine. Je voulais comprendre, je voulais savoir, disséquer, équationner ; ch’uis un horrible cartésien doublé d’un athée radical... alors des trucs ésotériques comme : 4. C’est lui qui créa les cieux et la terre dans l’espace de six jours, puis se reposa sur le trône de la majesté, ceci cela...” me casse les bonbons depuis plusieurs décennies, ‘tain ! Je n’ai pas attendu de lire le Koran pour capter les arcanes de cette affaire, bien tout comprendre, enfourner juvénilement tout le package ; côté catholique, apostolique et romain, on avait les même conneries très tôt implantées… pour te dire si le verset 4 de la sourate 57 (Le fer) du Koran ne m’est pas étrangère !
Et malgré toutes ces incongruités je continue à me passionner pour les choses du Livre, à m'interpeller… comment est-ce possible ? Est-il raisonnable, voire convenable de supposer que tout cela n’est que de la mythologie, de la métaphysique à la petite semaine ? Question pascalienne. Mais soyons sérieux une minute, il ne vient plus à l’idée de personne de supposer que les dieux Grecs, Égyptiens ou Aztèques aient jamais eu une existence réelle. Pourquoi en serait-il alors différemment de Dieu, l’Unique, le tien, le mien… Évohé, Allahu akbar, Ainsi-soit-t-il, etc.
Tu vois, Maleck, j’en suis là, je comprends les dieux d’autrefois car ils sont loin, ils appartiennent à l’humanité animale, naissante, primale, ils sont encore tout englué de Gaïa ou d'animisme, mais ici et maintenant, comment peut-on ne serait-ce qu’envisager ces scénarii primitivistes ? Ces tables, ces lois, ces versets comminatoires ? Je resterai décidément un mécréant ambigu ; très, très septique, mezig ; bon pour aucune paroisse, aucune écurie, chapter… Je préfère la lucidité acide d'un Desproges à tous les confiteor créationnistes.
Et c’est avec cette putain de mentalité que je me suis glissé dans tes pages... et je ne te remercierai jamais assez : il me fallait aborder l’extraordinaire artefact sociologique qu’est Allah avec les lunettes de la poésie et de la philosophie des penseurs de l’Islam que tu nous offres là ; très étonné que ce petit objet ait été l’amorce nécessaire, le catalyseur, l’angle singulier qu’il me fallait adopter pour enfin  lâcher la bride à l’âme innocente et avide de magie qui habite mes tréfonds, cette chose vibrante dès qu’exposée aux feux d’une Odyssée homérique, d’un Évangile, de la Bhagavad-Gîtâ, d’une sourate ou plus prosaïquement d'un polar de Don Meyer.
Oui, il sourd de ces Sagesses d’Islam d'extraordinaires perles de poésie. Je cherchais une chimère, j’ai trouvé des poètes… Sérendipité quand tu t’invites !

Quelques miettes éparpillées :

La vertu
Il existe trois sortes d’êtres : les hommes de Dieu, dont le dedans est meilleur que le dehors ; les hommes de connaissances, dont le dedans est identique au dehors ; les ignorants, dont le dehors domine le dedans…
(Abul Hassan Sifi, rapporté par Jami)

L’amour divin
J’ai vu mon Seigneur avec l’oeil du coeur. Je Lui dis : “Qui esTu ?” il me répondit : “Toi !”
(Al Hallaj, mort en 922)

Énigmes et devinettes:

Une maison que nous avons bâtie
avec bien de la peine :
Compte les étoiles,
tu ne saurais compter ces portes.
Le rayon de miel.

Proverbes :
...
Pour éviter la pluie,
il s’est placé sous une gouttière.
...
Le muet jure silencieusement.
...

Expressions et saynètes

- Quoi de neuf ?
- Rien de neuf !
- Dieu soit loué.
…
Trois personnes gardent un jardin :
Le sourd dit : “Taisez-vous, j’ai entendu un bruit.”
L’aveugle dit : “Ils sont neuf.”
L’amputé dit : “ Allons les attraper.”
…


Ces proverbes, fables et hadiths étaient simplement délicieux.
Merci Malek Chebel… je vais être amené à te retrouver, si Dieu le veut.


muad'dib


Muad'Dib...Muad'Dib...Muad'Dib...

jeudi 1 mai 2014

La cerise, Alphonse Boudard

Un Boudard de la meilleure eau... Peut-être le meilleur.

Je me le réservais pour la finale car c’est un des rares de cézig que je ne suis pas obligearesse de restituer rapidos après lecture because il est à moi ; tu sais bien que mon Yoda ès boudarluche n’est autre que maître Hugo, et que je ne suis que son padawan impécunieux, et qu’en règle générale j’essaye de lui restituer les bouquins qu’il me passe, sinon y m'pète la gueule, c’est un violent…

Bon, en fait ce sera l’avant dernier du blot car figure toi que j’ai voulu finir chronologique. Ma Hugo-Némésis venant de me refourguer, après moultes recommandations savantes, Les trois mamans du petit Jésus, que c’est le der des der, le quasi posthume, que c’eût été commettre un péché d’en conserver un autre par devers moi, exétéra. J’enquillais donc fort chrétiennement sur cette La cerise et gardait bien au chaud (page 90) l’ultime petit Jésus de l’artiste. Quoique des fois facétieux, je sais cependant me tenir…

Alors, cette Cerise ?

J’avais raison et j’ai déjà averti les populations, pour mézig, c’est le meilleur... son deuxième ”roman” d’après la presque dernière de couv’ du Le Livre de Poche, affiché Prix Sainte-Beuve 1963 (je sais c’est une coquille car après consultation de la wiki-pythie, c’est 1961 qu’il fallait lire). Cela-dit, c’est vif… ethnologiquement à ras les pavetons des années cinquante de messieurs les z’hommes… quand ils sont au ballon, quand ils ont la cerise, qu’ils naviguent en pleine scaille.
Naturliche, c’est auto-biographique et tu t’escalades le parcours fatal qui amènera notre pote Boudarluche de cellote en cellote dans les ergastules de la République. Le pourquoi du comment, disons.
C’est pas la prose à monsieur tout le monde, c’est pour le moins anti-conventionnel, convenons-en, et ce serait surtout impossible à écrire cinquante ans après !

…
Après le kinographe, on sirotait des alcools dans un club… Je m’emmerdais alors à dépérir. Douce pénombre, trompette sangloteuse… ça me fout le noir à l’âme… le vague ! Je manque de toc pour aller me remuer le prosinard sur la piste… “Tu ne sais pas t’amuser, mon coeur.” Petite concession au slow, c’est pas fatiguant… bien obligé…
“ Tu danses bien quand tu veux, mon chéri…”
Je pensais que c’était préférable de faire carrément le julot… On passe relever ses compteurs… Quelques mandales, coups de pompe ! Plus de mon amour !... “Ta monnaie vite ! ton carbure salope, et retourne aux asperges, que je te revoies pas avant vingt sacs !” Simplicité, lignes pures… en maquerotage comme en Art, que ce soit net. Jadis j’aurais pu me lancer dans la carrière. Je n’avais pas vingt ans, ça se présentait comme des petits fours sur un plateau. A cette époque je préférais de Gaulle.
…
“ A quoi  tu penses mon coeur ? “
…

Nonobstant, ne va pas confondre la dive langue de l’ami Boudard avec quelques dégueulasses dieudonnésries plus contemporaines… rien à voir, malgré sa jactance, malgré ces ratons, ces youpes, ces gougnotes, ces pédés et ces prix de Diane aux asperges, il est suffisamment “humain” pour qu’on l’aime, qu’on le respecte ; c’est part à trois dans la cellote quand il n’y a qu’une clope à fumer ; anar sûrement, mais communiste aussi… il a une bonne mentalité finalement le Phonfonse… c’est pas un clébard. Un mec qui a du chou, incontestable…
Un récit syncopé entre l’extase d’un avant-le-gnouf et les langueurs incompressibles d’un pendant-le-gnouf; les heures qui filent en gambergerie, en galerie de personnages puisée dans les fins fonds des mystères de Paris du Grand Septon Eugène Sue et dans un Rocambole de Ponson de Terrail. La classe, quoi.

Y a pas à tortiller du prosinard, s’il faut lire un Boudard, c’est celui-ci, farang-finkielkrautien.

J’aime définitivement ce voyou anarcho-humaniste de Boudard et laisse-moi t’objurguer de me l’emprunter…

Mycobacterium tuberculosis




Je vous demande de respirer…