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samedi 7 mars 2015

Résister, Henri David Thoreau

Ce petit recueil qui précise ou complète «La désobéissance civile» est composé de cinq essais :

- L’Aubergiste (1843)
- La Réforme et les réformateurs (1846/48)
- L’Âge de l’Ignorance (1843)
- Le Héraut de la Liberté (1844/46)
- L’Esprit commercial des temps modernes (1837)

Et tout cela est radicalisé sous le titre de «Résister à la tentation du laissez faire, au réformisme et à l’esprit commercial des temps modernes ».
Comme quoi nul n’est prophète en son pays !

Pour le dire honnêtement, ce mec m’intrigue, m’exalte et me gêne.
Comme tous les prophètes, il a une prédisposition navrante au mysticisme ; c’est une âme forte, certes, mais mystique.
Non, sans dec, je le vois venir le camarade, je sais qu’il me reste le Walden à ingérer ; il est là, dans la pile, à cligner de l’œil depuis quelques mois, et je sais que ça va me faire du mal… Et oui, on ne peut pas tous finir ermite crasseux et famélique dans une petite cabane au Canada, ‘tain ! Ça doit cailler l’hiver, pis faut chasso-pêcher le peu que tu becteras, pis y a ni câble, ni rézo…  ce glisser dans la peau d’un zadiste qui la jouerait à l’ancienne et tout seul dans son coin : te dire la misère préconisée ! Te dire si on n’est pas empressé...
Telle est, en somme, la radicalité que sous-tend la résistance expliquée par Thoreau.

Et cependant, je ne comprends toujours pas cette notion de transcendantalisme, de méditation, de contemplation, de Surâme ou de «sympathie avec l'intelligence» ; ça sent la roupane New-Age, Messire ! Il faut toujours garder à l’esprit que cézigue croyait à un putain de Bon Dieu, quand même. Ok, c’était la mode, pire, un fondamental - d’ailleurs les amerloques croient toujours en Dieu -, y compris sur leurs billets de banque ! Leur devise : «La bible et un flingue», gravée sur les frontispices, ou alors «Thoreau et Into the Wild» pour les rebelles ; dis-moi que ces gens ne sont pas des farang binaires et mystiques !

Ça c’était pour la partie qui me gêne, mais là où il m’exalte, ou du moins qu’il me plaît, l’ami Thoreau, c’est dans sa critique sous-jacente de la simple indignation. Son truc à lui, c’est la résistance, la désobéissance, l’action, même sous la forme d’une somme d’inerties, et il n’est pas question de s’en sortir à bon compte avec juste de l’indignation ! Avec Thoreau, faut se mouiller, se serrer la ceinture et aller au charbon ! Les petits rebelles de salons, les couillons comme toi et moi, l’indignation au bord des lèvres - et rien dans le calbut, quand ça devient sérieux - ne sont plus de mise ; faut aller à la manœuvre, faut tout jeter par dessus bord et... À Dieu vat !

Ouais, c’est douloureux mais ça me botte que ce salaud de Thoreau mette le doigt sur le point focal de toutes nos lâchetés. Ça permet peut-être de garder une certaine lucidité sur l’étendue de nos faiblesses et la vanité de nos espérances…
Saint Cioran, délivrez-nous du mal !

Une dernière chose avant d'en finir : surtout, ne pas zapper "La réforme individuelle" à la fin du livre. Cette post-face de l'ami Thierry Gillybœuf est lumineuse ; en fait, c'est le miel de ce rucher.

Tu l’auras compris, Henry David Thoreau ne joue pas dans la demi-mesure ; une lecture pas toujours agréable mais édifiante.

Merci Henry David.

©Into the Wild






Into Walden...

mercredi 4 mars 2015

La Tristesse du Samouraï, Victor del Arbol

Le meilleur bouquin qui me soit passé entre les pognes depuis le Anima de l’ami Wajdi Mouawad, en juin 2014 ; cette tristesse du samouraï est une tuerie ! 

Pourquoi ?

Pasque ce roman noir, policier et historique, est fabriqué comme un meuble complexe et précieux, magique et millimétré ; tous les tiroirs de cette formidable marqueterie littéraire s’emboîtent, coulissent et dégueulent la sanie des vilains secrets du franquisme. Des marionnettes tristes qui s’agitent par saccades désespérées en sont extirpées, rouvrant par leurs gesticulations asynchrones les plaies de la guerre d’Espagne sur plusieurs générations. Un théâtre d’ombres, un tourbillon de destins qui se poursuivent et se superposent dans la noirceur du début des années 40, qui sautillent de la division Azul et des camps sibériens aux règlements de comptes dans les méchantes cellottes ibères des années 50, et puis qui se concluront dans une épiphanie mortifère sous les scialytiques d’un bloc opératoire, ou sous les ors des Cortes, le 23 février 1981.
…
- Pourquoi pleurez-vous ? N’ayez pas peur. Vous verrez, tout va bien se passer.
Maria secoua la tête. Elle n’avait plus de larmes pour elle. Elle pleurait sur l’incompréhension, sur le désespoir muet de vivre dans un monde dont elle ne comprendrait jamais les règles. Les hommes mouraient, tuaient, trahissaient leurs idéaux, embarquaient un peuple entier dans des guerres fratricides, et elle ne comprenait pas pourquoi. Pour le pouvoir, tel est le seul mobile qui mobilise les hommes, le pouvoir, lui avait dit son père un jour. Mais le pouvoir était une chose absurde, abstraite, minuscule et inutile. Il suffisait d’entrer en salle d’opération pour comprendre que les aspirations humaines étaient dérisoires.
(Chapitre 31, p 471)

Ce salaud de Victor del Arbol est un vicieux, c’est un artiste, certes, mais c’est un vicieux !
Il nous met à la torture avec sa gestion des séquences temporelles ; monsieur énerve, suggère ; monsieur consent quelques indices, puis au chapitre suivant, nous empêche de respirer pendant plusieurs pages dans un rebrousse-temps noir comme la nuit ; et on souffle à nouveau, le temps d’avaler une goulée, quelques paragraphes ; et il nous noie derechef dans le sordide et la folie… Ce rythme te laissera exsangue.
Et par le truchement de toute la brutalité cynique des salauds qui hantent cette histoire, émerge une question ontologiquement incroyable :
Les enfants doivent-ils payer pour les erreurs de leurs parents ?
Autrement dit, qu’en est-il de l’innocence ?


Farang-ispano-républicain, je t’en prie, si ce week-end ton i-phone tombe dans les cabinets et si les enfants ont mis la tablette et le portable dans le lave-vaisselle, ne désespère pas, rien n’est perdu, tu auras au moins le préteste d’ouvrir ce livre ; tu seras manipulé, ensorcelé et subjugué par la maestra historiographique et la précision maléfique du camarde del Arbol... ch’t’assure.


Merci Monsieur Victor del Arbol.


Franco






hijo de puta...

samedi 28 février 2015

Les Fioretti de Saint François

Devine un peu comment ces petites fleurs m’ont atterri dans les pognes.

C’est encore un coup de ce diable de Jean-Claude Ameisen ! Ouais, un samedi matin d’il y a quelques semaines, v’la-t-y pas que du haut de l'épaule de Darwin il nous récite des morceaux de ces Fioretti ; ah, putain de dieu, c’était magique… Écoute au moins le début : les petits zoiseaux, les tourterelles... Pis, moi, j’y faisais confiance au Jean-Claude, tu penses, un mec qui m’a mis le nez dans Lusseyran, Eliot ou Quignard ; j’ai amazo-déconné tout de suite !

Tu sais comment on dit, hein ? Quand le vin est tiré… 
Gloups !
C’est du brutal ! Aussi incongru que quatre évangiles ou un coran, et il faut bien le reconnaître, il n’y a que la voix et la scansion d’un Ameisen qui soit capable de faire passer la poésie acide des premières goulées.

Bien sur, j’ai retrouvé les passages cui-cui qui m’avaient tant ému :

...
Et comme il continuait son chemin dans la même ferveur, il leva les yeux et vit quelques arbres près de la route, sur lesquels il y avait une multitude presque infinie d’oiseaux ; saint François en fut émerveillé et dit à ses compagnons : «Vous m’attendrez ici sur la route, et j’irai prêcher à mes frères les oiseaux.» Et il entra dans le champ et il commença à prêcher aux oiseaux qui étaient à terre ; et aussitôt, ceux qui étaient sur les arbres vinrent auprès de lui, et tous ensemble restèrent immobiles jusqu’à ce que saint François eut fini de prêcher ; et ensuite ils ne partirent même que lorsqu’il leur eut donné sa bénédiction…
(chapitre 16)

Ou encore quand il fait copain-copain avec le leu (messire) de la ville de Gubbio et qu’il arrive à le convaincre de se mettre au régime yaourt-salade en lui récitant un avé et deux pater :

[...] le loup arriva la gueule ouverte, à la rencontre de saint François ; et s’approchant de lui saint François fit sur lui le signe de croix, l’appela et lui parla ainsi : « Viens ici, frère loup ; je te commande de la part du Chritz de ne faire de mal ni à moi ni à personne.»
Chose admirable ! Aussitôt que saint François eut tracé la croix, le terrible loup ferma la gueule et cessa de courir ; et, au commandement, il vint, paisible comme un agneau, se jeter couché aux pieds de saint François.
(chapitre 21)
...
‘tain, c’est y pas du domptage catholique franciscain et apostolique de première, ça, mes cadets ?
Donc, fort de ses premiers succès dans la zoo-convertion de masse, le facétieux saint François ne s’arrêtera plus de subjuguer nos amies les bêtes ; plumes, poils, écailles, rien ne lui résistera ! Et garde cependant bien à l’esprit que parallèlement à ce tropisme assez singulier, il poursuivra - non sans un certain succès, ma foi - une carrière de Messie, avec production de miracles, stigmates officialisés par le Comité International Olympique du XIIe siècle et toutim.
Du petit jésus doré sur tranche, ch’te dis !

Nonobstant, il ne faut pas trop garder rigueur aux moines franciscains du XIVe siècle qui ont imaginé cet évangile made in saint François en cueillant ces Fioretti ; toutes ces métaphores et paraboles enluminées ne font que donner la mesure de “l’esprit magique” qui habitait la cervelle des moinillons du bas moyen âge.

Et pour en finir, sache farang-laudateur-d'Umbert-Eco, que durant toute cette sainte lecture je n’ai pas pu m’empêcher de calquer la trogne du Ubertin de Casale que l'on croise dans Le nom de la rose sur celle de ce pauvre bougre un peu dingo qu’a dû être Saint François d'Assise.


Ubertino de Casale
(William Hickey)




Tu aimes les films de gladiateurs, mon enfant ?...







jeudi 26 février 2015

Le voyage de Marcus, Christian Goudineau

La Gaule, en 130 après Jean-Claude.
 
Marcus, âgé de douze ans, est le jeune fils de Publius, un magistrat de la Gaule Aquitaine qui ambitionne de se faire élire sacerdos, et, comme de tout temps les voyages ont formé la jeunesse, il va suivre son daron dans une singulière tournée “électorale” à travers les us et coutumes de la Gaule du IIe siècle.
Heureusement, le jeune gallo-romain est dur au mal, car le voyage sera quelque fois glandilleux, voire périlleux ; les ennemis politiques de son dabe Publius sont rudes, retords et déterminés. Le jeune Marcus n’est cependant pas le premier farangus venu, l’a du chou et du charme le môme, et il apprendra vite, sauvant à moultes occasions la tournée de son père.

Ce Tour de France anachronique démarre au nord-est de Augustonemetum (Clermont-Ferrand), et tire ensuite droit vers l’ouest pour aller à Mediolanum Santonum (Saintes) ; de là, plein sud jusqu’à Burdigala (Bordeaux) ; léger crochet nord-est pour rallier Vesunna (Périgueux) et plongée sud-sud-est, direction Tolosa (point con) ; de là, sud-est, Narbo (Narbonne) ; petite remontée nord-est en longeant la côte pour toucher Nemausus (Nîmes) ; on repique vers Arelate (Arles) et on remonte légèrement à l’est vers Arausio (Orange) ; il n’y aura plus qu’à mettre le cap plein nord et filer sur Lugdunum (Lyon) via Vienna (Vienne)...
Pfiou ! Avoue, ça fait une putain de boucle. Et tout cela à pieds, à cheval, en voiture et en bateau. Bien sûr, la voiture est d’époque, hippomobile et inconfortable - c’est pas la C4 Millénium de maman, disons - et les populations frustres de l’arrière pays sont en général assez hostiles. On frôle la tribulation, mais quel voyage !
D’autant que l’ami Christian Goudineau a prit le parti de pondre sa pépite sous la forme d’un roman épistolaire - au passage, je ne remercie pas Uderzo&Goscinny de m’avoir enduit d’erreur à ce sujet, le gallo-romain grave, certes, mais pas que sur du marbre : quand il écrit un courriel, il le fait comme toi et moi, sur une tablette de cire !
On assiste donc à un entrelacs de “lettres” qui tissent une épopée parfaitement convaincante et toujours intéressante sur les habitus de nos ancêtres les gaulois. Je te rappelle cependant que nous sommes en 130 après Jean-Claude, et que, à l'execption d'un petite tribu de bonnets-rouges récalcitrants, la Gaule est totalement romanisée, tant politiquement que sociologiquement. 
Jeux du cirque, gladiateurs, oncle sénateur à Rome et famille pléthorique et influente scanderont toutes les étapes de ce voyage initiatique mouvementé ; on visitera même une ferme de crocodiles !
Et tu te figures bien que le jeune garçon qui débute ce périple ne sera plus le même à l’arrivée.


Ce voyage de Marcus est un bonheur de lecture, d’autant que la postface nous donne quelques clefs supplémentaires ; en effet, il est probable que le personnage de Marcus ait réellement existé, qu'il ait parfaitement réussi en politique, escaladant plein pot les échelons du pouvoir gallo-romain, et qu'en outre il ait été un des “romanciers” les plus fertiles du IIe siècle.


Bravo et merci à l’ami Goudineau pour son talent et son érudition, c’était parfait, et bien sûr, merci à l'ami Cricri pour cette savante suggestion...

Vale.



©Astérix







Glou… Glou… Glou… PAF ! ….

lundi 23 février 2015

Soumission, Michel Houellebecq

Autant que je t’avertisse tout de suite, farang-apostat, tu ne liras pas de saloperies sur Houellebecq dans ce petit commentaire. Houellebecq c’est mon pote, c’est mon écrivain francaoui favori, c’est l’observateur désabusé, jusqu’à en être placide et presque impartial, des turpitudes post-modernistes de la société occidentale en général et du rôle du mâle à l’intérieur de celle-ci en particulier - désolé les filles, Houellebecq, c’est pour nous, les Zommes ! Et ça me fait bien marrer quand une fragine (mais non, pas toi Mrs. N.) m’explique qu’elle a bien aimé le dernier Houellebecq, ceci-cela ; hé, les filles, vous êtes réellement peu à calculer qu’il ne fait qu'expliquer le fonctionnement d’une meute de primates avec la subjectivité épistémologique d’un mâle beta bonobo occidental, disons qu'il décrit Jean-Louis mon voisin - sinon, pourquoi t’appellerai-je Farang-ceci-cela, au fil de mes gloses approximatives, hein ? À cause de John Burdett ™ me rétorqueras-tu. Bien sûr, mais pas que ; il faut compter avec la couche d’abstraction du Houellebecq de Plateforme : là on y est en plein, là tu comprends bien ce qui anime le farang de base, ce triste connard qui va aux putes dans le sud-est asiatique.
Mais plus généralement, le camarade Michou nous prend dans la toile des possibles qu’il tisse inlassablement d’un livre l’autre, depuis Extension du domaine de la lutte, mi-90, suivi du flash de ses Particules zélémentaires, puis de Plateforme, de la Possibilité d’une île, de la Carte et le territoire et maintenant de Soumission. Houellebecq est quasiment le seul romancier contemporain qui dissèque la sociologie du mâle occidental avec cette acuité là. Ce Diogène flegmatique nous observe tel un entomologiste, froid et pointilleux, le regard plongé au coeur du tumulte de la fourmilière.

J’arrête le panégyrique, mais tu l’auras compris cette fois : j’aime un peu… beaucoup… passionnément, etc., tous les bouquins de l’ami Michel. À dire vrai, j’en suis à me demander si je ne serais pas un peu amoureuse de ce salaud...

Bon, presque comme toujours et sous couvert d’une légère dose d’anticipation dystopique, Houellebecq continue de nous narrer par le menu les étapes de la décomposition du cadavre de la société occidentale avec ce Soumission.
Mais de quoi s’agit-il ?
Pour le décor : c’est le Paris de 2022, on n’est pas dépaysé.
Le moment : nous sommes à la veille du deuxième tour des élections présidentielles.
La situasse : catastrophique, le Front National est en tête du premier tour ; la droite “normale” a été balayé ; la gauche est à la ramasse, et, le nouveau parti islamique de Mohammed Ben Abbes a réussi à arracher la deuxième place… Stupeur et tremblement dans le landerneau, tu penses !
Le sujet : François, un bobo quadragénaire, prof à la Sorbonne et spécialiste de Huysmans, est en voie de paupérisation sexuelle et affective.

Voila, tu mets une dose d’émeutes dans les banlieues, quelques attentats de-ci, de-là, et un silence radio total de la part du pouvoir et des médias ; tu mélanges tout ça, tu agites bien, et tu assistes, effaré, à l'élection du gars Mohammed Ben Abbes au lendemain du deuxième tour ! Mais attends, t’es pas encore au bout de tes surprises ! Bayrou en 1er Minsistre , ‘tain !
Au passage, le Houellebecq est d’une cruauté… réjouissante avec lou ravi du Béarn.
Et donc, bon an mal an, la soft power islamia envahie mollement mais sûrement la société Française. Ce Mohammed Ben Abbes est un diable intelligent, l’équivalent d’un César ou d’un Napoléon des temps modernes qui mène finement sa barque… Cela dit et encore une fois, les feujes n’ont pas beau spiele dans l’histoire, c’est la grande décarade, l’alya généralisée…
Quant aux gonzesses, faut vite oublier tous vos nouveaux réflexes émancipatoires et castrateurs, ce que vous venez d’apprendre de vos mères post-soixante-huitardes, c’est plus la mode. Les femmes, à la maison ! Et le mouchoir sur la frimousse, s’il vous plait !

Et d’après toi, le François bobo, ceci cela, il va faire quoi, quand on va lui dire que ok, on n’a plus besoin de lui, il peut prendre sa retraite anticipée à 3000€ par mois, et moisir dans sa tour du 13e, ou alors il garde sa place, son rang, etc., pour une paye trois fois supérieure et, sans vouloir paraître insistant, qu’il comprenne bien qu’il a parfaitement le droit de choisir trois épouses (dans un premier temps) parmi ses jeunes étudiantes ?…
Bien sur, il faut qu’il se convertisse à l’Islam ; bon !
Ah, ah... Une simple formalité ; deux heures bloquées sur son agenda, rendez-vous à la Mosquée de Paris, petite séance de décrassage au Hammam, petit laïus obligatoire dans la mosquée, comme quoi il reconnaîtra que Dieu est Dieu et que Muad'Dib… heu…  Momo est son prophète, puis gavage de loukoums avec félicitation du jury, et, et... séance “choix des épouses”… une formalité te dis-je...

Alors ? Se convertira ? Se convertira pas ?
SOUMISSION OU PAS ?

[Séquence «Philosophie de comptoir»]

Gardons cependant un esprit critique ; c’est pas que je veuille chicaner, mais Houellebecq se goure sur un point de taille : les gonzesses !
Ok, chuis d’accord pour la théorie du suicide de l’occident et toutim ; et après tout, suicidons-nous, pasque les fachos, j’en veux pas, on est bien d’accord, «no pasaran», ou alors il faut me promettre de la douleur…
D’accord, Houellebecq c’est choquant ; non pas choquant, c’est tétanisant ; il s’est très peu gouré, toute sa littérature est un fixateur du post modernisme, mais il n’a jamais rien compris aux filles, c’est sa faiblesse. Il ne croit pas en elles, c’est là ou il se goure ! Elles ne vont pas se laisser faire les filles, les fumelles émancipées, les nôtres, celles qu’on connaît, qui nous saturent et qui nous ont modelé : nos mères, nos sœurs, nos filles et nos femmes, nos... ces démiurges sinon suspicieuses, du moins pointilleuses quant à leurs nouvelles libertés… Elles vont gigoter les frangines, tortiller du cul, pas se laisser faire ! Ah, ah…
C'est plié d’avance, mon frère, elles nous sauveront.

Nous sauveront-elles ?


M’enfin, un très gros Houllebecq, l’éternelle histoire de la soumission au commandement descendant, ou du moins au ratio qu’il y a entre la verticalité et l’efficacité du pouvoir qui soumet nos âmes.

Je le répète, Michel Houellebecq est mon ami.

MercI.


"Shéhérazade"
Nelly Leitner
Peinture sur soie





Tu suces, chéri ? ...

mercredi 18 février 2015

L’algébriste, Iain M. Banks

Encore un Banks ?
‘tain, mais il n’arrête jamais, fulmines-tu en ton for intérieur, farang-théophanique. Commence à nous les briser menues avec ses conneries de la Culture ! Culture ? Mon cul, oui !

Ne nie pas, niquedouille, c’est ce que tu es en train de penser ; je sais tes habitus car j’ai badigeonné l'intérieur de ton for de particules virtuelles nanotech génociblées sur ton ADN ; cherche pas, c’est de la technologie Equiv-Tech 8/9 ; c’est du code furtif fractalisé en 4D et planqué dans les commentaires de ce blogue. Indétectable, mais autorépliquant : dès que tu lis certaines séquences, ces saloperies te sautent subrepticement aux yeux et pénètrent ton aire V1 par le biais du nerf optique ; ensuite la propagation via le corps géniculé latéral est fulgurante et la contamination 3D est totale au bout de quarante-huit heures. Tu ne le sais pas, mais voila maintenant ta pauvre cervelle quadrillée par un lacis neural de plusieurs kilomètres de monofilaments atomiques totalement assujetti au mien. Et oui, car le mien peut les gouverner tous, tu penses bien, chuis pas con !

- Comment je fais ?
- Je peux bien te le dire, mais ne le répète surtout pas :  
En preums, je me concentre... ensuite je me bouche le nez et je pousse un grand coup… Meuuuhh… Prouuut !
S’initialise alors une liaison descendante qui fait transiter des bouffées de gravitons quantiques par onze dimensions simultanées grâce au trou noir qu’il y a dans mon calbut, à la suite de quoi et par mimétisme ontologique, mon lacis neural établit patafiolesquement un pluging anal (en mode promiscuous) avec ton boyau culier ; il ne me reste plus qu’à m’interphaser avec ton système nerveux et, subséquemment accéder à tes pensées intimes. J’ai prévu de pouvoir espionner neuf lecteurs de ce blogue. A vrai dire, j’ai taillé un peu large, il n’y aura jamais tant de cobayes, mais ça faisait plus Seigneur des anneaux...

Quoi qu’il soit, et pour en finir avec ce commentaire qui est vraiment parti en vrille à l’insu de mon plein gré, si tu as le mal de mer lorsque tu voyages d’un bout à l’autre de la galaxie, si tu ne goûtes pas la fréquentation de petits branleurs malicieux en forme de doubles roues de bicyclette, et si les turpitudes de l’Archimandrite Luseferous te font chier, ou, si plus trivialement tu n’as pas envie de t’appuyer 784 pages d’un superbe Space Opéra (qui ne fait même pas partie du cycle de la Culture), alors ce livre n’est pas pour tézigue… et Iain M. Banks ne peut plus rien pour toi…

À te relire, et merci Iain Menzies Banks.


©Prout !




La fin des haricots...

vendredi 13 février 2015

Méfiez-vous des parachutistes, Fouad Laroui

L’histoire d’une mue.
La ré-injection d’un jeune marocain nommé Machin (!) et issu de l’École des Mines de Paris dans la réalité exotique de Casablanca ; une plongée au cœur de la société marocaine par le biais de l’humour, de la dérision et du décalage culturel.

En voici l’incipit qui te donnera le ton.
...
Un jour, alors que je me promenais, un parachutiste s’abattit sur moi. Il ne s’excusa même pas… Je m’empresse de préciser que ce ne sont pas là des choses qui arrivent tous les jours dans ce quartier de Casablanca où j’habitais alors.
...

Le parachutiste percuteur n’est autre que Bouazza, le pivot de cette histoire loufoque, le barycentre autour duquel Machin devra réinventer de nouvelles orbites frappées au sceau d’une certaine observance religieuse, de l’amitié, de la convivialité, de la promiscuité, de la fantaisie et de l’entre-soi à la marocaine. Bref, le mec Bouazza va être un parfait catalyseur, un gros pénible, certes, mais pas que…

Un enchaînement de situations non maîtrisées qui te donneront la fâcheuse impression de faire un  grand-écart entre Kafka et Cervantes, et surtout un regard malicieux sur les contradictions qui agitent et tourmentent l'Afrique saharienne des années 2000 en général et le Maroc en particulier.

Ce conte ethnologique donne à réfléchir, farang-manardien ; il est plus sérieux et cependant plus léger que je ne t’en ai laissé accroire ; ce Méfiez-vous des parachutistes est désespérément enthousiaste… Et c’est bien.

Bravo à l'ami Fouad.

Et sais-tu qui m’a passé ce bouquin ? 
C’est la belle Freddy, l’exécutive woman des années 2010, qui m’a donné libre accès à sa minuscule mais très intéressante bibliothèque... Je lui ai piqué trois ou quatre «curiosités».
Encore merci ma grande.





Parachutiste marocain après atterrissage...