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jeudi 12 février 2015

Le p’tit cheval de retour, Michel Audiard

Sûrement le texte le plus Boudardien qu’ait commis l’ami Audiard.  
Et encore une fois, le dealer magnifique de toute cette dope de première est cézigue Hugo. Il squatte ma PAL cet enfoiré !
Pis j’ai du retard, tu penses, avec toute cette Culture qui m’a emboucané de fin décembre 2014 à fin janvier 2015, chuis drôlement en retard sur le tout-venant ; ça s’accumule...

Pour la situasse, on est en juin 40 et c’est la grande décarade organisée par quelques éléments légèrement vindicatifs de la wehrmacht ; en gros, tout le monde se trisse devant les fridolins qui déferlent sur la France.
Le p’tit cheval de retour est donc une relation de voyage ; les tribulations vélocipédiques de trois jeunes marlous du XIVe : Gédéon, Bébert et Michel qui vont traverser un petit morceau de France. Un regard acide et la verve du Maître sur les us & coutumes de cette époque de grande foirade.
...
Là, brusquement, on s’est retrouvés devant un con. Mais alors un vrai! un maousse ! un nickelé !... Con comme un balai, comme une valise sans poignée, comme un ténor !...
…

Comment puis-je aimer un salaud capable d’écrire ce qui suit ? ... ça me possède cette histoire.

...
C’était la première fois que je dérouillais une bonne femme. Maintenant que j’y repense, c’est drôle, je m’aperçois que j’ai perdu toutes les mauvaises habitudes que j’avais dans ce temps-là… Sauf celle-là.
???
…

Et cette tirade dont on retrouve l'esprit dans «Le cave se rebiffe» :
...
Comme je soulevais l’hypothèse d’éventuels chichis de Madame pour le radaboum en chapelet, l’amphitryon a repiqué une crise.
-J’voudrais entendre ça ! a-t-il fulminé, ajoutant en désignant son épaule sous le costard un peu flottant : quand une dame a dormi laga, elle monte aux ordres !
...

Sans parler de sa profonde aversion parigote pour les paysans, un monument dans l’art du  préjugé ; de l’Audiard au mieux de sa forme :

…
Comme on approchait, nos vélos à la main, il a dû entendre le cliquetis des roues libres. Il n’a pas eu un regard vers nous, il n’a pas bougé le cul de sur son seau, simplement il a sifflé !... Pour avoir entendu siffler les balles, des locomotives et des flics, je prétends m’y connaître en sifflets de toutes sortes, on peut donc me faire confiance quand je dis - et je dis - n’avoir jamais entendu un sifflet aussi dégueulasse, aussi poisseux.
Un autre sifflet - pas mieux - a répondu de l’intérieur de la bâtisse et Patte-de-Son est apparu. C’était la première fois que je voyais sortir d’un tableau de Vlaminck un mec avec un fusil !...
Chocotteurs sur le moment, Bébert et moi, naturel !... Surpris ?... Pas du tout !... Chez nous (c’est pas pour pousser le XIVe en avant), on n’a jamais pu blairer les pécores. Trop d’étourdis - vacanciers, sociologues - les sous-estiment, les prennent seulement pour des sales cons. Appréciation bien légère. De chouannerie en jacquerie, les paysans ont passé leur temps à assassiner le monde. C’EST RECONNU ! Vous avez déjà étudié une ferme de près ?... Le puits, la fosse à purin, le billot, la grande cheminée attisée par la bonne vieille, tout ça pour brûler les pieds, noyer, découper, faire disparaître. Une ferme, si on n’a pas les nerfs solides, c’est terrifiant à regarder ! … Un paysan déjà c’est atroce, avec un fusil dans les mains c’est insoutenable !...


Bon j’arrête là, c’était tout bonnement remarquable, un Audiard pur jus !

Merci l’ami Hugo pour cette pourléchade...


Franck Villard
François Drouineau
(PP)
Patrithouned patented





Mais j’ai sa souris en main !... Ça fait six mois qu’je suis sur le coup !...
Quand une femme a dormi laga, pardon ! Elle s’en rappelle...
(Le cave se rebiffe)

Histoire de l’Algérie coloniale 1830-1954, Benjamin Stora

Enfin du sérieux, j’ai failli me disperser, devenir neurasthénique avec le dernier Modiano.

Encore une fois je dois cette petite merveille au bon vouloir du Père Hugo qui m’a définitivement réifié - chuis plus que sa chose, quoi - avec ses observances hétéroclites quant à ce qu'il faut lire. Ce mec passe de Stora à Audiard avec une facilité déconcertante… hé, y pointe pas chez tonton, l’ami Hugo, c’est l’étalon du self-made-man garanti, il a sa place au Pavillon de Breteuil, à Sèvres.

Bien.
Le bouquin de Benjamin Stora est très dense, bourré d’informations et propose un parfait déroulé des deux cents ans navrants de la présence française sur le sol algérien.
Aux racines du mal il y a l’expédition d’Alger, en 1830, sous la férule de l’éphémère crapule que fut Charles X (que le choléra l’emporte !).
Charles X passera, mais Louis-Philippe continuera la colonisation.
Ensuite la lente litanie de toutes les iniquités, spoliations, rébellions matées et d'outrages aux populations locales propres à toutes les colonisations.

On réprime l’indigène et on fait la place aux nouveaux colons ; il va y en avoir du touriste et des candidats. On nettoie les rues de Paris de tous les quarantuitards, et plus tard, des mecs de la commune ; bref, que les indésirables et autres troublions aillent se faire indésirer ailleurs ; colons en algérie , ça leur fera les pieds…

Cela dit, il faudra attendre 1857 pour arriver à réduire la Kabylie ; c’est pas facile, l’indigène est rebelle et tout particulièrement le Kabyle. Le Kabyle a toujours était coriace, la Grande Porte pourrait t’en raconter, et il faudra lui en remettre une dose en 1871.
De toutes les façons le métier de colonisateur n’est pas une sinécure et l'annexion géographique proprement dite de l’Algérie durera jusqu’en 1934 (Sahara).

Après c’est le début des emmerdes et même Camus n’en pourra mais.
On sait bien comment cela c’est terminé… nous avons tous des anciens qui nous ont, peu ou prou, raconté les zévènements, d’un côté l’autre.
Et si tu n’es pas trop autiste, farang-de-la-région-PACA, on sent bien que les comptes ne sont toujours pas réglés.

Bref, un bouquin superbe, une parfaite synthèse de ce qu'il faut savoir quant à toute cette histoire.

Merci Benjamin Stora et merci à l’ami Hugo.

© je vous ai compris



Bring back our blackfeet...

mercredi 11 février 2015

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano

Je n’avais jamais lu Modiano avant qu’il y ait tout ce battage autour de son Nobel.
Tu parles si j’étais jouasse quand l'amie Marie me l’a refilé à la surprenante ; j’exultais ; découvrir un auteur d’un tel calibre, j’en mouillais presque ma culotte !

Peu après.

Honnêtement, amis et zélotes de Modiano, ne lisez pas la suite, car peut-être avez-vous encore des doutes (au moins un, j’espère) sur l’étendue de ma culture littéraire et de la pertinence de mon sens critique y afférent. Hélas, à la suite de ce commentaire, vous n’en aurez plus : chuis une véritable burne, grossière et obstinée, un être frustre qui ne comprend rien à la grâce, à la délicatesse allusive et la magnificence baroque, voire ésotérique, du style de l’ami Patrick.

En fait, ce livre m’a laissé sur le cul. Chuis encore envapé par toute cette ouate, ce flou, cet à peu près, cette déstructure, ce glauque et ce malaise que Modiano a réussi à distiller en si peu de pages. Je ne vois qu’une chose qui expliquerait ce phénomène, c’est qu’en réalité ce bouquin fait plus de 800 pages mais l’éditeur de Pat, ce salaud de tonton Gallimard toujours en recherche d’économie, a réécrit le livre en ne piochant que la première page de chaque chapitre, d’où le côté décousu et excessivement concis de l’ouvrage.

Ok, la première partie, l'enquête molle, disons, je voyais un vague topo se dessiner : le narrateur, vieux bibard cacochyme de maintenant, se souvient qu'un jour où il était jeune-homme il s'était souvenu du temps où il était gamin. 
Bien.
On entrecroise tout cela de valise oubliée, de clef perdue, d'allusions à une mère excessivement légère, de balade rue Charonne (rue Charonne, Paname, 11e, ça nous rajeunit pas ça, mon vieux gars !) et tu rajoutes une touche d'exotisme avec un couple très ambigu à la recherche... à la recherche de quoi, de qui, d'ailleurs ? C'est pas clair tout ça.
Bref, t'as 80-90 pages pour commencer à te sentir installé dans un univers un peu flou qui pourrait devenir sinon très sympa, du moins intriguant ; après tout, c'est du Nobel doré sur tranche que t'as dans les pognes, du Livre Saint à 16,90€ ; pas du toc Mr Fernand, du vieux Paris ! Peut pas y avoir gourance... 
Et pourtant, là tu réalises que t'as déjà lu les 2/3 du bouquin... inquiétude soudaine, petit farang-pétochard. Comment va-t-il faire, ce nouveau pape de la littérature mondiale, pour en si peu de pages restantes bien retomber sur ses pinceaux et nous offrir une issue satifaisante ? 
Ben, faut s'imaginer que l'ami Modiano n'est pas un acrobate et surtout qu'il n'en avait rien à foutre de se récupérer comme il faut, les pieds bien parallèles sur le tatami ; l'est pas aux JO, 'tain ! 
Et le jury lui a pourtant refilé la breloque en or, dis-donc !


Blague à part, je suis sidéré par la dithyrambe qui a fait florès suite à la nobélisation de ce... de cette... 
Il faut cependant bien se rendre à la raison, si tout le monde trouve ça génial, c’est donc que je ne suis absolument pas équipé pour lire la prose - sûrement trop ciselée pour moi - de Modiano ; je n’ai pas le bon logiciel, disons... et je suppose que toi non plus, Marie ; nous manquons de la vision altimétrique nécessaire pour correctement interpréter les cafouillages de la mémoire du Grand Homme ; tu en conviendras j'espère... Nous sommes sans doute un peu trop ruraux.

Nonobstant, chais pas toi, mais pour ma part, je vais pas trop me faire chier avec ça, je retourne écouter rires&chansons, pis après je me ferai « les grosses têtes » (au fait, elles existent toujours les grosses têtes ? ) ; t’inquiète, j'ai de la ressource, pas comme toutes ces fiottes parisiennes, droguées, écolo-communisses et très certainement judéo-maçonniques (ouais, on ne nous dit pas tout… ).


Ami Modiano, tu l'auras compris, je suis très vexé de ne pas avoir été à la hauteur, de t'avoir raté en beauté… dans la grande longueur !







Sartre était un branleur, 
L'enfer c’est la ouate...

mardi 10 février 2015

La sonate hydrogène, Iain M. Banks

Alors, voila, j’y suis, le dernier tome, et contrairement à tous les autres opus de la Culture que je viens de relire, c’était une première ! Je n’avais jamais écouté la sonate hydrogène. Et tu le sais, farang-David Lynchien, « Un commencement est un moment d’une délicatesse extrême…» (Princesse Irulan), aussi, sois sûre que j’ai dégusté cet ultime récit avec toute l’attention requise.
Il te faut d’abord savoir, farang-ordinaire, que la Sonate Hydrogène ne s’exécute qu’à l’aide d’un seul instrument : l’Undécagone Antagoniste.
Késako, ce machin antagoniste ?
Imagine le truc : une harpe croisée avec une tortue géante, le tout doté de onze cordes et dans lequel tu devras d’abord t’introduire - un peu comme dans une baignoire - afin de manœuvrer les deux archets nécessaires à la fabrication du bruit ; te dire la gymnastique qu’il faut envisager pour ne serait-ce que faire chier les voisins, je ne te parle même pas d’en jouer correctement...
Heureusement, la jeune lieutenant-commandant de réserve gzilte, Vyr Cossont, possède quatre bras ; condition sine qua none. Et la pauvre va devoir se trimbaler pendant les 740 pages du bouquin avec une paire de bras surnuméraire. Des fois, ce ne sera pas commode, et ouais, reufléchis ma fille, tu t’y vois, toi, à faire les soldes, à délirer après ce petit chemisier Cacharel  que t’as vu dans une boutique d’Alpha du Centaure, la semaine dernière ? Tu vois la tronche de la vendeuse quant elle va réaliser que tu es littéralement quadrumane ? Ceci dit, je ne nie pas qu’il peut y avoir des avantages à fréquenter une mignonne petite gonzesse qui aurait quatre mains, mais je te laisse à tes fantasmes, gros dégueulasse car pour ma part j’envisa...

[intervention sub-tangentielle et hyper-boréale de l’URM (Unité de Répression Massive, classe Ferdinand Buisson) « F@P, arrête de déconner avant d’en ramasser une » … Ai-je besoin d’en dire plus ? ]


Hum...
Bien sûr que ce dernier opus de la Culture est exaltant, tu penses bien ! Cette pauvre Vyr Cossont est embauchée par un quarteron de Mentaux de la Culture qui digèrent mal cette Sublimation douteuse des Gziltes ; y a trop de trucs qui clochent avec les Zihdren-Reliquants et il faut vite retrouver le gars QiRia, le mec le plus vieux de toute la Culture ; il a vu des choses dans sa jeunesse, il y a plus de 10 000 ans. Forcement, il sera devenu un tantinet excentrique et un peu cachottier ; ça va pas êt' facile...
Et puis ça sent trop la roupane, cette histoire de sublimation, car attention, sublimer ne peut se faire qu’à l’échelle d’une espèce et il s’agit alors de rejoindre un espace temps situé à deux angles droits de notre univers ridiculement 3D, puis de métaphoriquement rejoindre le pays des bisounours et de la félicité éternelle ! M’enfin, un truc très peu chrétien si tu veux mon avis ; d’ailleurs les Mentaux de la Culture ne s’y trompent pas, la sublimation c’est une sorte de méta-religion pour gogos galactiques dotés d’une équivtech supérieure à 8 ; ça passe mal dans leurs substrats nanotechs encore pétris de l'antienne de notre grand Voltaire : "Tant qu’il y aura des fripons et des imbéciles, il y aura des religions... "
Lâcher la proie pour l’ombre c’est pas leur truc aux Mentaux fripons, et je suis bien d’accord avec eux, la sublimation, jusqu’à preuve du contraire, j’en connais qu’une, c’est la crémation, et laisse moi t’avouer que je ne suis pas bien prête pour la manœuvre, je resterai très culturien en l’occurrence ;  la transcendance à l’échelle galactique m’appert comme éminemment mortelle… La sotériologie V4.0, trop peu pour moi, je préfère encore me télécharger dans un Aïe-fone.con ou dans le trou noir d’Interstellar !


Bref, j'en ai terminé avec ce formidable cycle, avec cette merveilleuse utopie de la Culture, et je suis maintenant bien certain que ce summum d’une certaine idée de la SF n’existerait pas sans les Diogène, Rabelais, Voltaire… et Fouché.
(ça partait bien, mais pourquoi “et Fouché”, après les trois points ?
… Circonstances Spéciales, ça te rappelle quelque chose ?)


Ami Menzies, mille et une fois merci, pour avoir enchanté mon âme durant ce pourtant triste début d'année 2015.
C’était, c’était…  

Mektoub, comme dit l’autre.



"Iain Menzies Banks"



...

samedi 31 janvier 2015

Les enfers virtuels, Iain M. Banks

Un pavé de plus dans la vitrine de la Culture.
Comme d’hab, le père Iain n’est pas avare de sa prose et nous balance un blot de plus de huit cents pages avec ces Enfers, et c’est pas du virtuel !

Bien sûr, je vais t’en raconter un peu plus ; ça va, j’ai compris avec le commentaire précédent, je sais désormais que je suis surveillé par l’UOR (Unité Offensive Rapide) Je vous rappelle à votre devoir, classe abominator... souviens-toi. Sûrement un des petit gars de Circonstances Spéciales, j’imagine. Faut pas trop déconner avec ces enculés, et peut-être même est-il à la solde des ultras du GEI (Gang des Époques Intéressantes)?

Quoi qu’il en soit, il faut d’abord que tu saches que les enfers virtuels ça exisse ! 'tain, je ne déconne pas, c'est réel et physique ; disons que dans l’univers einsteinien où la matière baryonique à son mot à dire, ils se présentent sous la forme d’un substrat computationnel biologique à bas niveau énergétique d’environ cinq cents millions de m3. 
Bon, je ne vais quand même pas te dire où ils se terrent : on les cherche pendant tout le bouquin.
Dans les plus connus de ces Inferno-Lands, on notera l'excellence de l’Enfer pavuléen, niveau trois, où nos deux pauvres éléphantoïdes, Chay et Prin, whistleblowers (lanceurs d’alertes et emmerdeurs post soixante-huitards patentés ) vont pouvoir témoigner de l’ignominie qu’il y a à vivre en enfer, tout virtuel soit-il.

Il faut voir les Enfers virtuels comme un système carcéral inique et particulièrement cruel développé par des civilisations un peu frustres (equivtech ⅘ et à peine plus), où les gens sont téléchargés dans un substrat processeur totalement dantesque et souffrent une infinité de douleurs.
Et ça ne plaît pas à tout le monde !
Grosse bagarre donc, entre les pro et anti enfers ; bagarre encore une fois toute virtuelle dans un premier temps, car tels sont les codes de cette guerre, mais personne ne doute qu’elle finira par déborder dans le réel. Pour te la jouer courte, farang-wahhabite, disons que les pro enfers sont en train de gagner dans la guerre virtuelle et que les anti n’accepterons pas de se plier à la règle.

Et la Culture dans tout cela ?
De fait, la Culture est bien emmerdée car si elle intervenait dans cette guerre avec toute sa puissance militaire, personne ne doute du camp qu’elle épaulerait. D’un autre coté, peut-elle ne pas intervenir, elle, le parangon de l’éthique libertarienne pan-galactique ?   
Ah, ça ira ?
Ah, ça n'ira pas ?
M’est avis qu’il va falloir encore une fois faire confiance aux p’tits gars musclés de Circonstances Spéciales...

Quoi qu’il en soit, dans cet avant-dernier opus du cycle de la Culture, tu vas découvrir de fantastiques artefacts galactiques tels que le Disque Tsungariel, avec ses trois cents millions d’usines spatiales orbitant à quelques centaines de kilomètres des nuages de la géante gazeuse Razhir, ou encore un Bulbitien Flottant, pour lequel Alain Cirou (directeur de la rédaction de Ciel&Espace) donnerait toutes ses dents et ses binocles pour en avoir ne serait-ce qu'une photo 2D…

Le Bulbitien Flottant au sein du Filament de Semsarine se trouvait dans un point de Lagrange d’une protoétoile gazeuse, qui faisait elle-même partie d’un système binaire avec une naine brune. Le double gâteau géant du Bulbitien baignait ainsi dans les radiations à haute fréquence de ce système encore voilé de poussières, et son ciel artificiel était ponctué des points brillants des plus jeunes étoiles du Filament, là où leur lumière parvenait à se frayer un chemin à travers les immenses nébuleuses de poussière cosmique occupées à construire de nouveaux soleils.
…

Et puis, tu habiteras la subjectivité du camarade Jasken, le garde du corps de cette ordure ultra-républicaine de Veppers ; tu assisteras au meurtre de Lededje, son esclave entaillé, et à la résurrection d’icelle par les bons soins de la Culture, et oui, elle possédait un lacis neural à l’insu de son plein gré ; tu vas aussi côtoyer le VSG Oublié «Réflexion Interne Totale», l’ex-Unité Offensive Limitée «Moi, Je Compte», l’UCG «Bodhisattva», etc. ; ensuite, tu en apprendras bien plus que nécessaire sur les us&coutumes des faux-culs du RdN (Reliquariat de Nauptre) ; et tu découvriras une nouvelle sous-section discrète de Contact : la section Quietus, les p’tits gars qui s’occupent des relations inter-culturelles entre les vivants et les morts, rien que çà ! 

Hé, si j'étais chiant je te ferais aimablement remarquer que nous sommes encore une fois dans une problématique "Levi-Strauss versus Bourdieu" (structuralisme vs sociologie), mais comme je suis bêtement réaliste, que j'ai déjà trop fumé, et que j'ai une pile repassage en souffrance, je te propose que nous en restions là ! 

Bref, cet enfoiré de Iain m’a encore une fois subjugué, et ici et maintenant, ce cycle de la Culture m’appert comme étant ce que j’ai lu de mieux dans le genre depuis, depuis… «Exode 33.3 : le pays où coulent le lait et le miel».


Musique d’enfer (détail), 
Jérôme Bosch



Virtualité patafiolesque...


mardi 27 janvier 2015

Trames, Iain M. Banks

Ça fait quoi ? Sept, huit bouquins que je cavale dans la Culture à liseuse rabattue et pour être honnête, je commence à être en peine de superlatifs… j’ai cramé tout mon stock et, à moins de me répéter, ch’ais plus trop bien ou aller puiser la chantilly !  

Bien sûr, tu pourras toujours me seriner que je n’ai qu’à raconter l’histoire, ou recopier la quatrième de couverture ! Ce serait mal me connaître, car d’une part il est hors de question de dévoiler les arcanes d’un bouquin que tu n’as peut-être pas encore lu, farang-pharisien (sans parler du courroux de certains qui n’aiment pas bien qu’on s’poile), et d’autre part, je crois t’avoir déjà avisé de ma haine viscérale à l'encontre des quatrièmes de couv’. Hé, les quatrièmes de couverture c’est juste bon pour les faux-culs et les petites bites !
- Bon, t’es un faux-cul ?
- Non !
- T’as une petite bite ?
- Non plus !
Alors arrête de lire la quatrième de couverture “avant”. C’est aussi gravos que si tu savais à l’avance le cadeau que vont t’offrir les enfants pour la fête des mères !  

Cela dit, je ne suis pas mécontente d’avoir déjà fini ce commentaire sans avoir rien dit de significatif sur ces fameuses Trames... T’as bien compris que j’ai un peu la flème de...

[ ZZZZZIIIIIIOOUUUU ! BANG ! SLUUURP !  BLING !]

Hein ? Qu’est-ce que c’est ? Mais… Putain ! C’est quoi cet alien qui vient d’atterrir sur mon bureau ?... Hééé ! Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

- Je me présente : Foketucoze+, avatoïde polymorphe de l’ UOR, (Unités Offensives Rapides, classe abominator) «Je vous rappelle à votre devoir», missionné par le meta-groupe équivtech local des Mentaux Excentriques Zélateurs de Banks(™) du sixième secteur de la galaxie, et laissez-moi vous dire que votre cas est grave ; les rapports de la section Contact de la Culture nous permettent de soupçonner que vous ne donnez pas la pleine mesure de votre talent : je suis là pour vous aider.

- Mais, mais…

[ SBLANG ! ] (dans ta gueule)

- Y a pas d’mais ! Faut obéir, nous opérons par le truchement d’une excession à onze dimensions… Autant vous dire que j’ai tous pouvoirs…

- Heu… (je rêve !) Mais qu’est-ce qui faut qu’je fais ?

- Un commentaire raisonnablement élogieux du sublime Trames de Menzie… J’attends ! Mes effecteurs de champs sont réglés pour distribuer des équiv-beignes de force 8 sur l’échelle de Patafiole… Compte à rebours initialisé : cinq, quatre, tr...

- Ok, ok… (‘tain, il est fou ce con !) :

Hum, hum. Alors voila, ça se passe sur Sursamen, un monde-gigogne. 
Bon, les mondes gigognes sont une série de planètes surfabriquées qui orbitent autour de la galaxie… Oui, oui, la galaxie ! Même les vieux Mentaux de la Culture restent muets sur les motivations de la civilisation oubliée depuis des milliards d’années qui a créé tout ce merdier.
Bref, la vermine galactique profite maintenant de ces mondes gigognes ; c’est bourré d’étages espacés de mille kilomètres, m’fin, quand je dis bourré, disons plutôt qu’il y a une dizaine de niveaux...

SPLANCH !

- Aïe, quoi ? Hein  ? Ouais, ok, une douzaine de niveaux...

RE-SPLANCH !

- Re-aïe ! Merde, arrête de me cogner quoi !  Comment ?  Y a en a pas douze, mais quinze ! Ok va pour quinze… Bon, je continue (avant que cet abruti d’avatoïde de mes deux ne rouvre la boite à claques ou dégaine un missile-couteau) :

Et à chaque niveau habite une marque d’aliens différente ; des qui volent ; des qui nagent ; des qui pètent ; etc.
Les huit et neuvièmes niveaux sont squattés par une clique d’humanoïdes qui vit encore au moyen-âge : les Sarles et les Deldeynes, et inutile de te préciser qu’ils passent leurs temps à se foutre sur la gueule. Tu vas assister à l’ignoble fin du Roi Hausk, à l’usurpation du trône par le perfide et impitoyable général en chef Tyl Loesp et à la fuite ignominieuse du prince Ferbin qui voyagera bien plus loin qu’il ne le pensait...

Et comme moi, tu te demanderas :
Mais pendant ce temps, que fait la Culture ? !
...
Ça va, là ?
...?

Ouf ! ce petit connard de Foketucoze+ s’est arraché.
Pfiou, cet enfoiré m’a cogné... Y s'rend pas compte !
Ch’ais pas bien ce qui m’a retenu… la peur, peut-être ?



©Giger





Fils@Papa se faisant méchamment effectoriser par l'avatoïde Foketucoze+...

jeudi 22 janvier 2015

Le sens du vent, Iain M. Banks

La Culture a la mauvaise habitude de jouer au pion dans la cours de récréation galactique et, subséquemment, pourrait-on dire, de distribuer quelques taloches républicaines aux plus turbulents des sacripants qui aiment bien martyriser leurs bédits gamaraden pendant la récrée, et ce, au nom d’une certaine éthique ; en l’occurrence ce sont les Chelgriens qui viennent de se manger la baffe censée leur inculquer une idée de la «citoyenneté» made in Culture… Pas bien forte d’ailleurs, plutôt un tirage d’oreilles aliennes.
Faut dire que les Chelgriens descendent des redoutables prédateurs qui peuplèrent et dominèrent leur planète natale Chel et il est convenable de préciser qu’ils ressemblent plus à une chimère qui conjuguerait le tigre et le grizzly (avec quelques membres en sus), qu’à Coca, le yorkshire de mamie Janine !

Cela étant, les mentaux de Circonstances Spéciales se sont fourrés le cyber-plug anal dans l’œil (électro-quantique) quand ils ont insidieusement poussé les Chelgriens dans la guerre civile. Bien sur, les troublions ont cessé de faire chier les voisins pour ne plus que s’étriper entre-eux, soit ! Gros soulagement immédiat ; merci Circonstances Spéciales... mais les Chelgriens survivants n’ont pas trouvé ça glop quand ils ont compris la manœuvre… méchamment en pétard les carnivores, tu sais ce que c'est ; esprit de vengeance ; attentat ciblé ; opération suicide… la faction dure de ces méchants kouli-balo cosmiques a décidé de la jouer façon «suis-pas-être-Charlie», et de laver l’affront en faisant péter l’orbitale Masaq’. Rien que ça, ‘tain !
Imagines-tu bien la cata qui en découlera ? Il y a des centaines de millions de citoyens de la Culture sur l’orbitale Masaq’...
Explosera ?
Explosera pas ?
Hé, hé…

T'inquiète, c'est bien plus complexe que cela. Un des tomes les plus léché de cette série quant à la technique narrative, plumitive, disons, et à la psychologie des personnages (aliens, mentaux, panhumains, etc.). Du grand art.
Un texte servi par la richesse exotique des recoins de la galaxie, des mœurs singulières des bestioles qui y gigotent et par le souffle épistémologique d'une aventure pourtant terriblement excentrique, à la croisée de l’ethnologie et de la philo ;  bref, avec cet opus de la Culture, ce salop de Iain M. Banks tutoie vraiment les sommets.
Quel virtuose ! 
Quel régal !

Merci, l’ami scottish, c’est la troisième fois que j’écoute la musique du Compositeur Ziller et c’est toujours aussi magique… et d’ici bas, je salue ta sauvegarde qui doit sûrement tourner dans l’univers virtuel d’un quelconque substrat nano-tech.


©Westley Hargrave


Major Appelé-aux-Armes-de-Donné Quilan IV d’Itirewein.



Peur ? 
Non, là c'est quand il ronronne...