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mardi 10 décembre 2013

Les Murs de la Terre, Philip-José Farmer

Tome 4 de la Saga des Hommes-Dieux.

Ce pauvre Kickaha n’arrête plus. Le voila de retour sur Terre… Bien sûr, il trouve un peu de changement. Déjà, les voyoux ne roulent plus sur de vieilles Indians d’avant guerre (quand tu vois ce que coûte une Indian de nos jours !), y z’ont des Harley maint’ant, mais t’inquiète, Kickaha sait toujours conduire et tu n’auras pas oublié que c’est un homme de ressources, sans compter qu’il n’est plus seul, non, monsieur voyage accompagné. Tu te souviens qu’il a tapé dans l’oeil de la belle Seigneuse (c'est quoi le féminin de seigneur ?) Anania dans l’opus précédent, ben mon cadet y sont drôlement amoureux depuis et elle griffe la donzelle ! Touchez pas à son homme, sinon : tschag, un coup de bague-laser et t’as une couille qui tombe… sans faire bouger l’autre ; chirurgical !
Nonobstant ils auront besoin de toutes les pages de ce bouquin pour se tirer des griffes de la mafia, elle-même assujetti à un enfoiré de Seigneur (ouais, figure-toi que la Terre, la nôtre, n’est qu’un petit cosmos privé à deux balles comme les autres, et patati et patata… putain, ça m’a mis un coup au moral ce truc !).
Mais brèfe, le tourbillon continue, ça pulse, ça mitraille, ça gaffe et ça rebondit ; le numéro de nos duettistes est parfaitement chorégraphié et les tourtereaux auront raison de tous les Al Capone qui oseront les indisposer.

Qu’est-ce que tu crois, farang-inattentif, sois à ce qu’on te dit ! Y sont obligés de gagner… je le sais, je l’ai déjà lu.

Next…


La future de papa



Je te demande, si t’as pas une Harley passé 50 piges...

Cosmos privé, Philip-José Farmer

Tome 3 de la Saga des Hommes-Dieux.

Retour de Kickaha le Rusé.
Nous revenons sur le monde de Jadawin ; t'en souviens-tu ? Le gâteau de mariage du premier tome.
Théoriquement, Kickaha, alias Paul Janus Finnegan, ce n’est pas un Seigneur, m’enfin, il n’est pas éternel et n‘a pas dix mille ans comme Wolff et ses frères et soeurs. Cela dit, il n’est pas clair non plus car avant d’habiter à l’étage amérindien du monde de Jadawin, c’était un américain pur jus comme toi et moi qui par maladresse a déclenché une porte pseudo-exorbitante… Pfouit ! Direct dans le gâteau de mariage, au beau milieu d’une tribu de commanches romanichels ; il s’est adapté, forcément, et vingt piges après, c’est une épée, un cador, connu à tous les niveaux, des ennemis partout… une figure, quoi !
Évidemment, et pour notre plus grand plaisir, il tombe en plein sur ces saloperies de cloches, ding dong, ding dong, etc. Des sortes de vampires venus du diable vauvert. 
Si t'ajoutes à la situasse que son Seigneur et ami Wolff (Jadawin) ne répond plus au bigo alors qu'un gang de Hells Angel germanique est en train d’envahir le palais... l'anarchie totale ; la meute de cloches de pâques a décidé de faire chier le monde en vampirisant toutes les cervelles qui lui tombent sous les griffes. Putain, tu verrais ce bordel ! Ça giscle, ça gigotte, et ça se poursuit, Galinette !  

Bon, ch’t’ai résumé, hein ? C’est un peu plus complexe, mais à peine ; c’est pas non plus du déconstructivisme à la Derrida, t’inquiète, tu devrais pouvoir suivre, farang-trojanien, car l’ami Kickaha c’est lui le personnage homérique de cet opus, l’Ulysse de service et qui, à force de ruses et de vaillance, reconquerra son domaine perdu et peut-être même gagnera-t-il le coeur d’une Pénélope immortelle…







Carillonnez, carillonnez, carillonnera bien qui carillonnera le dernier...

dimanche 8 décembre 2013

Les Portes de la création, Philip-José Farmer

Tome 2 de la Saga des Hommes-Dieux.
...
Donc le camarade Wolff n’était autre que le Seigneur Jadawin, t’as vu le coup ?
Seulement au lieu d’être un dégénéré comme le reste de ces vilaines gens que sont les autres Seigneurs, Wolff est resté suffisamment humain pour nous être très sympathique. Hélas, la vie est vraiment une chienne ; à peine a-t-il recouvré la jouissance de son petit cosmos privé (et de sa donzelle Chryséis), qu’un nouvel emmerdeur s’invite au bal. Ouais, le “dabe” de la tribu, le célèbre et redouté Urizen qui semble être un vieil enculé de première et qui va piéger toute sa progéniture dans son univers de poche perso bourré de chausse-trappes et de portes bipolaires :
- Face : c’est bon, tu avances, 
- Pile : t’es pulvérisé, écrabouillé, noyé, carbonisé…
Figure-toi que cette joyeuse clique tribule d’un monde à l’autre (ou à l’intérieur d’un même monde) par le truchement de “portes” spacio-événementialo-concomitantes, disons. En l'occurrence et sur le monde d’Urizen, les portes sont mortelles une fois sur deux. Un coup à décimer une famille, ça : hé, si t’as un vieux de ce calibre tu peux porter plainte, ch’t’assure, appelle immédiatement Philippe Baudis, t’as des droits à faire respecter, merde !
Au passage, tu noteras l’influence de la mythologie hellénique dans la série, et plus particulièrement dans ce tome où il est difficile de ne pas comparer la lutte des enfants (les titans) contre la folie filicide qui anime Urizen (Ouranos).
Non, tout cela pour te confirmer qu'il ne va pas avoir beau spiele notre Seigneur Wolff, mais t’inquiète, il a quand même la situasse en pogne, vers la fin… Ouf !


Ceci dit, ami Phi’ip, c’est quand qu’on respire ?...


Gaïa




Ma chère, je vous conseille la péridurale...

samedi 7 décembre 2013

Le Faiseur d’univers, Philip-José Farmer

Le vieux camarade Farmer est de retour, dis-donc ! Y a au moins trente piges que je n’avais pas eu un de ses bouquins en pognes à cézigue.
Ben mon cadet, je ne m’en souvenais presque plus de cette série ! Pour être franc, chuis en train de finir le tome trois ; je sais, j’ai du retard au carénage… ça se lit tellement vite.
(Avertissement !)
Évidemment, farang-atrabilaire, je commence à bien te connaître, avec tout ce que je t’oblige à lire, un de ces jours ça va te monter à la tête, tu vas vouloir briller, en remontrer, subjuguer tes coreligionnaires, tu vas te sentir capable de situer, voire comparer cette Saga des Hommes Dieux, alors surtout ne manque pas, dans la phrase laborieuse et mal orthographiée qu’il te faudra commettre pour ce faire, d’évoquer ce cher Roger Zelazny et son cycle des Princes de l’Ambre, tu n’oublieras pas non plus de convoquer l’Iliade du Père Homère, puis, essayant maladroitement d'enflammer ton auditoire sinon septique, du moins tristement dubitatif, tu tenteras de rappeler la majesté d'une plume à la Jack Vance et une propension indéniable de l’auteur à une forme de porno flower-power... là pense à caser Les Amants étrangers, ça fait de gauche, ça passe mieux que Comme une bête même si ça a vachement vieilli, et tu vas immédiatement détecter les crypto-coinsaresses de ton entourage car vois-tu, c’est de la xéno-zoophylie au sens strict du terme ; ça prouvera toujours ta coolitude existentialiste, et bien sûr, entre deux bouchées de Ferrero Roche d’Or, pense à conclure par la picafresque de personnages du Fleuve de l’Éternité.
Bien, te voila armé pour une soirée chez l’ambassadeur d’Aldébaran IV.

C’est pas tout, çà, faut qu’on cause sérieusement de ce bouquin main’tnant.
Avant tout, dans cette saga, Farmer pose le postulat d’une race de semi-dieux presque immortels et omnipotents, les Seigneurs, mais qui a régressé aux fils des milliers d’années pour ne plus être qu’une portée de fin de race, de dégénérés belliqueux et psychotiques dotés de moyens technologiques colossaux, et qui ne rêvent plus qu’en termes d’exterminations mutuelles et douloureuses ; c’est gai !
Dans ce premier opus, nous découvrons le monde de Jadawin, une planète en forme de gâteau de mariage, une sorte d’empilement d’étages de plus en plus petits, si tu vois. Alors le camarade Wolff, flanqué de son fidèle Kickaha le Rusé (Ulysse, l’homme aux mille ruses… quand ch’te disais qu’il y a du Homère, hein ?) repart à l’assaut de son royaume, qu’il avait temporairement perdu de vue, en escaladant une à une les piles du gâteau… rappelle-toi que c’est vaste et peuplé ; très hostile le mille-feuilles !
On se laisse très vite attraper, c’est exaltant ; un souffle de jeunesse…


Philip-José Farmer, merci pour ces excellentes retrouvailles.


Photo : The Cake Store





Just married...







mardi 3 décembre 2013

Le souffle du temps, Robert Holdstck

Superbe couverture de Manchu pour ce Bob Holdstock de ces chères Lunes d’encre.
  
Préliminaires exo-sexuels en insertion superfétatoire… début de la séquence d’injection ; trois, deux, un... top :
  
T’es-tu jamais demandé, farang-marcdorcellien, à quoi ressemblerait un bouquin de Science Fiction sans les Frazetta, les Manchu, les Chris Foss, les Tibor Csernus, les Caza, Moëbus et autres Siudmak ? Hum ? Tous ces glorieux “artisses” qui enchantent la première de couverture de ces parcelles de rêves désormais E-cartonnés. Te souvient-il ces terribles peintures de l’ami Tibor, véritable Francis Bacon du J’ai Lu des années 70, et les harpies minérales de l’incomparable Siudmak qui imprégna tout le Presse Pocket, et le Pascal Vercken qui régna sur Le Masque ? Toutes les griffes de cette signalétique si particulière qui jaunissent dans les bibliothèques que nous érigeons aux dieux de la nostalgie.
Merci à vous, Ô soleils insolents...


Bon, ceci dit, ce souffle du temps  n’est pas à la portée du premier farang venu, non, c’est pas du Richard Morgan rappelle-toi… ça peut se taguer  “public averti”. Tu n’as pas aimé le Solaris de Stanislas Lem ou Le monde inverti de Christopher Priest ? Passe ton chemin, tu n’apprécieras pas ce bouquin, ch’t’assure.
Et pourtant, tout cela est finement observé… ça nous ramène encore une fois à l’origine, à nos démons intérieurs, nos phantasmes. L’ami Bob donne dans la SF de l’être, de l’étant, dans la SF ontologique. La subtile anarchie de marées temporelles qui ravagent la planète Kamélios fournit tous les prétextes aux confuses introspections spatio-temporelles des personnages principaux dont Léo Faulcon n’est pas le moindre.
Plus de quatre cents pages de touche-pipi psychologique mais où cependant quelques farangs bien trempés pourront trouver matière à réflexion car le Bob a finalement bien calculé son coup : rien n’est ce qu'il parait, la vérité est dans les interstices...


Bouquin intéressant, mais pas pour tout le monde ; âmes simples s'abstenir.



Georg'



What else...

vendredi 29 novembre 2013

Destination Ténèbres, Frank M. Robinson

Pfiou !

Comment cataloguer ce que fait l’ami Franky, hum?
Bon, c’est de la SF, mais dans quel sous-genre le placer ? Le space opera ? Certainement pas, et pourtant on y est plein fer dans le space, depuis deux mille ans ; le planet opéra ? Encore moins, quoi qu’on en visite quelques unes durant ces cinq cents pages ; les tribulations d’un vaisseau arche ? Mouais, pourquoi pas ; un huis clos intergalactique ? Sûrement ! Là, on est parfaitement synchronisé avec L’enfer c’est les autres ou En attendant Godot ; une illustration du paradoxe de Fermi ? Oui, jusqu’aux vingt dernières lignes de la dernière page, et puis alors revirement incroyable, fulgurant :  l’équation de Drake donne un résultat supérieur à 1 !
J’en suis tombé sur le cul ! Rappelle-toi qu’il est fort le Frank M. R. ! Ouais, la joyeuse clique de ce Magic Circus fait chou blanc depuis trois mille piges dans sa recherche de la vie dans toute la galaxie et quand les p'tis, p'tits, p'tis, etc. fillaux rentrent enfin au bercail… porca miseria ! Questo, non posso dirvi...

Si on résume :

1 - Tu me fais tribuler quelques centaines d’homo-sapiens confinés dans un vaisseau-arche pendant deux mille ans à travers la galaxie.
2 - Aux manettes tu me colles un semi-dieu presque immortel qui semble sinon en proie à un hybris certain, du moins victime d’une compulsion morbide, un peu à la manière du Capitaine Achab de Moby Dick.
3 - Tu mets une larme de “Moineau” dans l’équipage (Moineau, c’est the rebelle, mais il est amnésique ; ça aide pas, tu verrais ce bordel... c'est sartrien !).
4 - Tu secoues très fort pendant des centaines de générations... tchic, tchic, tchac, etc.
5 - Tu sers le tout sur une orbite bien basse et bien glace, trois mille ans après…  

Le petit Jésus en culotte de velours dans ton gosier de pauvre-farang-amateur-de-beaujolpif.

Extra.
Quoi que j’ai eu très peur au début… j'ai cru que c'était bouchonné, dis-donc ! Déjà, le titre est suspect : Destination Ténèbres ça fait genre Fleuve Noir (n° ~500) des années 70, ça n'encourage pas forcement à la dégustation. Pis les cent premières pages on se demande, on s’interroge ; est-ce si simple, si linéaire ?
Ben, non, Mestre Robinson est un vigneron émérite, il connaît son boulot, le coupage est ciselé et ça va crescendo dans les arômes… très très belle SF ; toi prendre, toi prendre !



Merci l’ami, c'était délicieux.


Équation de Drake
by Observatoire de Paris / UFE




Nciv >= 2… je vous demande de sortir vos mouchoirs...

lundi 25 novembre 2013

Cartographie des nuages, David Mitchell

Tu penses bien qu’un livre comme ça, entre les mains d’une âme simple (mais exaltée) comme la mienne, ne peut être que la manne pleuvant sur le Sinaï ; une goutte de miellat dans un monde de brute.
Sais-tu, farang-consumériste, toutes les saveurs que j’ai retrouvé dans ces sept cents pages, dans ce livre univers ?
Il y a l’ampleur circulaire du Radix d’Attanasio, il y a des accélérations dignes d'un Connelly, il y a du Crime et châtiment de Dostoïevski, il y a Le meilleur des mondes de Huxley, et puis il y a les parfums de L’autre de Borges, il y a bien sûr beaucoup de D'joan (la fille-chien des Seigneurs de l'Instrumentalité de Cordwainer Smith) dans le personnage de Sonmi-451… j’ai même soupçonné des infra-basses à la Houellebecq de La possibilité d’une Île et les pointillés rigoureux d’une folie douce à la Murakami…
En fait on n’en finirait plus de trouver dans cette fresque dystopique les échos d’autres glorieux explorateurs de l’âme et du temps, mais ce serait commettre une injustice à l’encontre de l’ami Mitchell car nous sommes face à un montage narratif complexe et finalement très singulier. Ce David Mitchell est décidément bon.

À travers cette répétition des moments et des êtres, à travers cette réflexion sur l’esclavage et sur la liberté, sur la ségrégation connexe à la couleur de la peau ou à un séquençage particulier du génome humain, par la possibilité de choisir de faire le bien ou le mal, cette odyssée de l’étant nous donne à voir et à goûter la fragilité des hommes, la fragilité de ses choix face à l'impitoyable indifférence de l’univers et elle consacre l’idée assez effrayante d’une continuité de l’âme ; on flirte avec la réincarnation dans son acception bouddhique.


Parole de Sonmi-451 :
Sur cette terre nos vies ne nous appartiennent pas, de la matrice à la tombe les hommes sont liés les uns aux autres, passés et présents, et par chaque crime et chaque bonne action nous formons notre avenir…


Parole de F@P :
Car on ne peut pas empêcher que tout change... et cependant, par delà les siècles, rien ne change jamais ; tout se répète en somme. Pour notre malheur et pour le court temps qui nous est imparti, nous sommes des animaux moraux et nous en payons le prix à chaque fois que nous osons dire Non !
(... je refuse de subir de pareils agissement criminels.)


Avec ce genre de bouquin y a pas trente-six solutions, ou tu te laisses faire et tu profites de la balade "Atomic Flash Deluxe", ou tu détestes “absolument” et tu resteras toute ta vie un petit homme aux chakras desséchés...



Bravo et merci à l’ami David Mitchell


Maître Yoyo



Car de voir le côté obscur difficile il est...