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dimanche 14 juillet 2013

Les Thibault (t. 3), Roger Martin Du Gard

Quelle maestria ce Martin du Gard.
Quelle tristesse d’en avoir fini avec les Thibault !

Ce dernier tome se divise en deux parties inégales (en style, j’veux dire, pas en talent !)
Les trois cents premières pages déroulent un récit quasi linéaire et sont dévolues à L’ÉTÉ 1914 (suite et fin). Elles sont balisées par la mort de Jaurès (31 juillet) d’un côté et la mort de Jacques de l’autre (10 aôut). On assiste épouvanté à la course folle de L’Europe vers l'abîme de la Première Guerre mondiale, vers les millions de morts.
Incontestablement c’est Jacques le moteur de cette partie. Quel mec formidable ce Jacques, et quelle judicieuse façon d’appréhender cette période par le truchement de ce socialo viscéralement pacifiste ; rappelle-toi que c'était pas à la mode, en 14, d'être contre la guerre...

Puis, de la page 309 à 635, l’ami Bob nous présente à front renversé la situation d’Antoine qui, de carabin installé et occupé à s’enrichir durant l’été 1914, c’est brusquement retrouvé mobilisé et expédié dans un enfer de tripes, de mitrailles, de sang et de gaz moutarde savamment dosé.

La narration débute en 1918 alors que ce pauvre Antoine tente de survivre au gazage qui a bousillé son arbre bronchique.
Ici, nous voyageons à rebours au grès des souvenirs d’Antoine, des échanges épistolaires qu’il entretient avec sa famille et pour finir, par son journal personnel qui nous convoque au coeur de son agonie. 

Une écriture extrêmement maîtrisée ; c'est magistral. 

Je te parlais du talent de ce bougre de R. M. du G., farang-pantecôtiste, ben voila comment il brosse un portrait du futur Père la Victoire en quelques lignes ; tout est là :

“ M. Clemenceau, voyez-vous, c’est un paradoxal mélange de scepticisme naturel... de pessimisme réfléchi... et d’optimisme résolu ; mais il faut reconnaître que le dosage est excellent ! “
…

Merci Môssieur Martin du Gard, c’était superbe et très instructif.



Mode Automne-hiver 1914





Attention... Je vous demande de ne plus respirer...

mercredi 10 juillet 2013

Les Thibault (t. 2), Roger Martin du Gard

Outch ! En 1913, ça démarre fort les retrouvailles familiales des Thibault autour du vieux en train de clamser !  Hé, c’est pas du petit plomb le patriarche : il agonise pendant presque cent cinquante pages ! C’était du coriace Maurrassien çà madame, du pur salaud made in Frankreich blanchi sous le harnais ; faut pas être sujet à la phobie des majuscules si tu veux ne serait-ce que papillonner dans le C.V. de cézigue sans finir aveugle !

… Docteur en droit, ancien député de l’Eure, Président honoraire du Comité des Oeuvres catholiques du Diocèse de Paris, Fondateur et Directeur de l'Oeuvre de préservation sociale, Président du Conseil d’administration de la Société protectrice de l’Enfance, ancien Trésorier de la Section française du Comité central de solidarité catholique, Membre correspondant de la Confrérie de Saint-Jean de Latran, Président du Conseil curial et membre actif des Associations pieuses de la paroisse de Saint-Thomas d’Aquin, etc. Pfff... sans compter les médailles et autres Légion d’honneur... Un putain de vrai bourge vieille France, en somme. Plus psychorigide, tu peux pas test. Et pourtant, là, pendant ces premières pages, le Roger Martin etc. continue à te manipuler, à jouer avec la morale, ton sens de l’éthique, à littéralement te happer par la soudaine crise d’existentialisme de ce vieux bigot vaniteux face à la souffrance extrême, à l’agonie et à la mort... le doute et le refus concluant une vie de certitudes et d’acceptations ; grandiose !


Et puis... et puis, il y a l’énorme deuxième partie :  L’été 1914.
D’ailleurs,ça déborde du tome deux jusqu’à la moitié du tome trois ; tu vois le coup ? !


Une écriture toujours aussi élégante et acérée qui décortique le mois de juillet 1914 sous tous les angles possibles entraînant les quatre personnages principaux Jacques, Antoine, Jenny et Anne dans l’éternelle valse des tribulations fessières et, tout à leurs passions, ils sont bien peu à se douter du gouffre qui va bientôt s’ouvrir sous leurs pieds.

Je me répète, mais l’ami Bob a une plume toujours sur son trente-et-un, il écrit avec précision et fluidité ; une sorte de dentelle blanche réticulant le tempo d’un ample mouvement de houle. Ouais mon cadet, c’est élégant et surtout inexorable, car l'acuité et la pertinence déterminées par la proximité de l’évènement (1937), donnent à ce chef-d’oeuvre toutes légitimités à figurer en bonne place dans l'historiographie de la Grande Guerre.
Au fil des pages et des jours de ce funeste mois de juillet 1914, on s’achemine vers l’assassinat de Jaurès, la mobilisation générale à l’échelle d’un continent, et vers la pire boucherie jamais envisagée de mémoire de sapiens. Une petite clique de misérables va décider de l’assassinat de plusieurs millions de “pauvres couillons” !
En fait, en juillet 1914, le sort en est déjà jeté car depuis quelques années déjà, le destin de l’Europe est entre les mains des banquiers, des états-majors militaires et de leurs larbins politiques.
[Je sais, il ne faut jamais dire des trucs pareils, mais si tu veux mon avis de “pauvre couillon”, je propose que les von Berchtold, Viviani, Guillaume II, Samsonov, Asquith, Poincaré, et tous les Tsars de la création soient écorchés vifs par contumace, et encore ch’uis trop lévinassienne là ! … heu... condamnés à 1 € de dommages et intérêts, minimum ! ]

Crois-moi farang-analpha-bête, cet été 1914 là est magistralement disséqué par Roger Martin du Gard, c’est du référentiel ethnologique de première bourre, c’est bien mieux que bien...



Merci, Bob... je t’aime, bien que tu me coûtes quatre jours à chaque tome !



Volfoni-like



Dis donc, t'essaierais pas de nous faire porter le chapeau, des fois? Faut le dire tout de suite, hein. Il faut dire: Monsieur Raoul vous avez buté Henri, vous avez buté les deux autres mecs ; vous avez peut être aussi buté le Mexicain, puis aussi l'archiduc d'Autriche!

(Tontons flingueurs, Blier, ceci-cela...)

samedi 6 juillet 2013

Debout dans le ventre blanc du silence, Pierre Pelot

Sous le vent du monde (t. 3).

Nous effectuons derechef un énorme bon en avant dans le temps :
620 000 ans depuis Le nom perdu du soleil (t. 2), de sorte que nous sommes maintenant arrivés 380 000 ans avant ta non pas tant scélérate que polluante naissance, farang-inutile.
Géolocalisé aux entours de ce qui est maintenant la mer Noire, le clan des Oourham lutte pour sa survie, piégé dans un hiver qui semble sans fin et, comme si vivre dans cette misère froide ne suffisait pas à accaparer toutes ses ressources, la petite tribu est déchirée par des passions déjà très humaines qui travaillent les âmes fortes qui la compose. Femmes et hommes, frères et sœurs, goûtent déjà aux joies amères des amours interdites et ce, 3750 siècles avant qu’Eschyle n’osât imaginer les navrantes et peu chrétiennes turpitudes des Atrides !
Oups ! Je te sens un tantinet déstabilisé par cette nouvelle couche d’abstraction orientée “Orestie”... Machines arrières !
Nonobstant, et pour que tu comprennes bien ce que je veux te dire, je ne vois pas mieux que de te donner intégralement le moment clef de ce livre, l’instant où tout bascule de façon irrévocable dans les plus terribles résolutions...
...


Ough-uaq lui demanda :
- Wuenki’-a- ‘aaki a- ‘a m’gi Oka’a. Oka’a m’gi Inshki’a a-ok ?


Likki’a lui ricanant au visage :
- T’ti- Wuenki’ a- ‘aaki a- ‘a m’gi Oka’a. T’ti-Oka’a m’gi Inski’a a-ok !


Ahur-’a-kï, intervenant pour sauver l’honneur d’Ough-uaq:
- Roh’an-bid. Ough-dib’an xä-te.


Kaän’ote, surenchérissant :
- Ough-uaq-te ! d’une voix tremblant de colère. Ough-uaq’ zra-m’o ough-dib’te ! ne put-elle s’empêcher d’ajouter, hautaine.


Oohkki’ conclut :
- B’gii Inshki’a Ahur- ‘a-kï, uauo’ raghi...
Puis, Oohkki’a se tut, voyant qu’Ahur-’a-kï avait bien compris la gravité de la situasse ; fallait courrir... vite et en zigzag !
…


T’as vu, l’intensité dramatique ?
Ah, putain, j’en frémis encore.




Nicolas et Pimprenelle





Je me demande si tu m'aimes ?...

jeudi 4 juillet 2013

Les Thibault (t. 1), Roger Martin du Gard

Martin du Gard ? 
Roger ? (bob, quoi !) 
Non, ch’connais pos : c’est qui, le mec qui a construit le pont ?... me suis-je demandé in petto alors que j'oyais le diablotin de France-Cul qui me faisait l’article... et patati et patata ; bref, t’étais un vrai con si t’avais pas lu R. M. du G., un pire que moins que rien. Putain, j’en connaissais aucun... des Thibault, moi ! Et non content, cézigue a ramassé le prix Nobel de Cuisine  pour çà. Te dire si je culmine ! 
Je me vexe rapidement ; ça m’a bien chauffé !

Cela dit, dans certains domaines, les prix Nobel c’est comme le foot, les J.O. ou la rentrée littéraire francaoui, c’est du showbiz ; ça sert à rien... 
Quand tu vois qu’ils ont balancé le Nobel de la paix à Arafat, Obama ou l’Union Européenne ! C’est sinon baroque, du moins assez significatif d’une tournure d'esprit “foutage de gueule” assumée, non ?
En plusse, et pour en finir avec les préliminaires, la période considérée dans ces trois monstrueux bouquins (plus de 600 pages chacun) se situe dans les années 1910... période totalement écrasée par le premier casse-pipe mondial et que je pensais posséder relativement bien, vu que j’ai déjà réglementairement lu tous mes Pierre Miquel, Alain-Fournier et autres  Bernanos. Je pensais être bien enfoiraillé, quoi.

Ben j’me gourais figure-toi, farang-fistuleux, j’y connaissais fifre ! Nada ! Le mec de France-Cul avait raison, bordèle !

C’est absolument remarquable. Bob est une vraie pointure, l’as des as, le Bébel de la plume Armandfallièresque.
Une écriture simple, donc très accessible, et cependant extrêmement soignée voire pointilleuse. Il n’y a jamais de longueurs et t’es carrément obligé de tout lire ; pas de diagonalisation possible sinon tu vas rater quand les mômes s'échappent ou quand le bébé y va mourir, putain ! Zéro déchets, dingue, non ? Tout, tout, tout est bien, tout...
Une description méticuleuse des us & coutumes des bourges du Paris "avant guerre".
Deux familles : 
la première très catho avec les deux frères mutually exclisive, Antoine et Jacques sous la férule du pater familias Oscar (un sale con facho bien dans l’air du temps), 
et la seconde, Huguenote (donc totalement irresponsable), les Fontanin, avec des mœurs dissolues et toutim. Un père volage et dispendieux, une mère inconséquente et un fils vicieux : essaye de me faire des bons français avec une engeance pareille ! Laisse-moi te répéter qu'on en a rater un paquet à la Saint Barthélémy...

Blague à part, les personnages sont d’une profondeur sidérante, ils sont pour de vrai, tu vis leur vie, ils te possèdent à force d’entrechats et de rebondissements trivialement existentialistes.

 Une féerie précise et intelligente, sans dec... j’en ai encore la tête qui me tourne.

C’était absolument délicieux et je ne saurais trop vous inviter à goûter cette merveille bien que j’en soupçonne plusieurs d’entre-vous (des gagne-petits, des mesquines, des médiévistes, des retraités ou des branleurs des jeunesses berlusconiennes) d’être rebutés par les plus de 2000 pages qu’il va falloir s’enfourner in the baba pour arriver au bout de ce cycle gigantestosaure.

Putain je veux, Bob est mon pote ! 

Merci Ser Roger Martin du Gard.



C. Trouille, Le confesseur





Je vous demande de goûter à votre confesseur...

mardi 2 juillet 2013

Éloge de la faiblesse, Alexandre Jollien

Voici une petite merveille, une perle rare ; cent pages d’humanité poignante sous la forme d’un dialogue entre Socrate et l’auteur.

Dans cette collision philosophique, l’ami Alexandre dévide la pelote de sa vie, depuis l’époque de l’institution pour personnes handicapées dans laquelle il passa les dix-sept premières années de sa vie, jusqu’à installé ce jour d’hui dans sa condition d'ethnologue-écrivain.
Sauvé par la philo le garçon, pis il en connait un rayon !
D’jà la forme du bouquin, un dialogue avec Socrate... t’as toute l’école péripatétique qui te tombe sur le râble, puis à chaque détour de phrase tu as un Nietzshe, un Sartre ou un Platon qui te tirent par l'oreille... Sans dec, c’est remarquable et très érudit sous couvert de simplicité, sinon de clarté.
Pourtant rappelle-toi, farang-folamoureux, qu’il a eu un parcours rare, pour un mec si jeune, le camarade Alex... 
Et non, putain, ch’uis pas du tout à m'apitoyer sur ce que je viens de lire, j'en reste simplement admiratif !
Alexandre Jollien se pose en ingénieur de la résilience (Saint Cyrulnik, priez pour lui), il déploie toutes les qualités de sa volonté et de son intellect pour arracher aux contingences darwiniennes de son environnement la part d’humanité qui lui est due. 
Et il est tenace, le bougre ! C'est dur, vif et sans concessions... j'adore.

- Hein ? ! tu souris, farang-pustuleux ? Tu doutes ? Tu penses que je te bourre le mou ?
Veux-tu que nous clouassions ton misérable petit bec ?

…
Pascal affirme que l’homme est esprit et corps et ne saurait se réduire ni à l’un ni à l’autre. Ces deux entités interagissent. “L’homme n’est ni ange ni bête, mais le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.” Nier le corps, loin de s’élever, c’est s’abaisser. Nier le spirituel, même résultat !
Viser l’harmonie entre ces deux dimensions, savoir la gérer, là réside précisément le difficile apprentissage du métier d’homme ; il faut toujours se dépasser, sans cesse aller au-delà de soi-même, s’engendrer, parfaire ce qui est déjà réalisé en soi. Cette intuition revêtit très tôt une importance radicale. Le bonheur, s’il existe, s’oppose ainsi diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle ; il s’apparente à une plénitude desintéressée, acquise dans un combat permanent...

…

Hè, c’est pas Camusien, çà ?
Quand je lis des trucs comm’ ça, j’ai des moiteurs... pas toi ?

Alexandre, tu es un homme beau.
Je n’en ai pas fini avec toi... Oh, non !
(Pis je t’ai zieuté sur la quatrième ; une vraie gueule de gendre...)

(bisPsssst... Alex)fin de parenthèse bis
Un détail cependant, ne redéboule plus à la surprenante en pleine page 555 des Thibault (t. 1) car Roger Martin du Gard va finir par l’avoir à la caille...




Dr. Folpeter



Ché vous témande dé ne pas vous moquéz dé mon hatikap... Zinon, pfiout ! ch'abuie zur the boudon...

jeudi 27 juin 2013

Le nom perdu du soleil, Pierre Pelot

Tome 2 de la série Sous le vent du monde, certifié Yves Coppens, ceci-cela... ch’tai d‘jà espliqué.


700 000 ans après Qui regarde la montagne au loin, (1 million d’années avant la prise de la Bastille, pile-poil), les ancêtres d’Aung San Suu Kyi sillonnaient allègrement la Birmanie. Il pleuvait déjà beaucoup ! En plusse, les - arrières x10X(?) - grands-parents ergaster de notre chère prix Nobelle ne maîtrisaient pas tout à fait le feu ; ils courraient après... les pauvres. Ne souris pas sottement, farangus-érectus, mais mets-toi à leur place ne serait-ce qu’une minute... 
Ok, ils fabriquent des “outils” depuis pas mal de temps, mais le feu est un outil qui a dû rester indomptable pendant des centaines de milliers d’années. Apprendre à le conserver, fut sûrement une occupation ne connaissant pas la crise vers le milieu du pléistocène inférieur, et ce bien avant qu’on pût même imaginer le fabriquer en frottant deux bouts de bois ensembles. Le feu est sûrement la plus merveilleuse des inventions, mais le problème avec cézigue c’est qu’il faut savoir le susciter à chaque fois que tu en as besoin...

Alors, je te le répète gentiment, ne te moque pas de Buhxa qui n’a pas su le garder vivant dans sa coque, ne ris pas plus des Xuah ou des Loh dans leur course éperdue après lui. Le feu du Ciel qui naît chaque matin à l’est, le feu foudroyant et imprévisible de l’orage, le feu sulfureux des montagnes qui le crache... mais pas encore le feu fabriqué ; on est dans une longue approche opportuniste, dans l'apprentissage, dans une sorte de pragmatisme héliotropique. Il est vital de courir après Le nom perdu du soleil.


… tellement petits, mais forts, ils se regardent, et ils marchent
    Marchant.
Ils avancent, ils marchent, ils vont de chairs et d’os et de sang, la lumière lointaine derrière eux, ils poussent et portent et traînent des ombres qui sont une partie terrible d’eux-mêmes, ils ont des regards dans lesquels brillent les mystères du ciel plus haut que les mystères des nuages, ils marchent, ils vont, la poitrine vaste remplie d’un bruit sans fin aussi mystérieux que le ciel, ils sont de chairs dures et souples, de sang qui coule chaud, ils sont de douleur apaisée.
…


En plusse d'être un formidable écrivain, l’ami Pierre donne ses lettres de noblesse à l'ethno-poésie paléolithique.


Chapeau bas et merci à l'artisse.



Do'mé atrra ! atrra !



Je vous demande d’être gentil avec la petite marchande d'allumettes...

mardi 25 juin 2013

Un hiver de glace, Daniel Woodrell

Nom de Dieu, qu’il était bien, celui-là !
Roman noir américain, plein fer !

Ça se passe de ce côté-ci de l’Eleven Point, pas loin d’Ozark, comté de Franklin, Arkansas et tu te souviendras, farang-cocaïnomane, que voila un rude pays habité par de rudes gens. Les clans d’indigènes ombrageux et consanguins qui habitent là sont tous plus ou moins trafiquants de coke... faut bien vivre dans l'Amérique profonde, merde !

Jessup Dolly, le dabe de la jeune  Ree Dolly (16 ans), a disparu laissant sa petite famille dans les emmerdes. La vieille est barrée du ciboulot depuis pas mal de temps déjà et les deux jeunes Sonny et Harold, les petits frangins, sont désormais tributaires de Ree. Sans compter qu’il n’y a plus grand chose à bouffer, plus de pognon non plus, que la baraque tient plutôt du taudis et que l’hiver c’est méchamment installé sur tout ce vilain pays. Tout ça s’annonce très très mal...

Ben, hiver ou pas, tu vas voir qu’elle assure la môme Ree. Les péquenauds cocaïnocrates qui tiennent ce bled en coupe réglée ont beau sembler invulnérables, la gamine est tétue et résolue. Ça va chauffer !

Je ne peux rien te dévoiler de plus car à partir de cela l’ami Daniel Woodrell déroule un texte sous tension dans un style narratif absolument remarquable. C’est simple, minimaliste et en noir et blanc... C’est presque du calibre de The road de Cormac McCarthy.
L’Arkansas, que ce soit dans Les raisins de la colère ou dans dans cet Un hiver de glace, ben, tu peux pas test...

Un excellent roman froid et d’une efficacité rare. 
À lire avec des moufles, de l’éosine et un vieux calibre 12 en pogne.

L'écureuillophage Ree Dolly restera une très bonne amie.





Justement, je vous demande de ne plus bouffer d’écureuils...