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mardi 16 juillet 2013

Jacqueline de Romilly raconte L’Oretsie d’Eschyle, J. de R.

En preums, mille merci à dame Jacqueline car sans cette excellente sous-couche d’Orestie, ben le gars Eschyle passait à la trappe.

Ouais, si comme moi tu es très peu versé dans l’hellénomantie et que tu as estimé suffisant d’en rester à l’Iliade et l’Odysée, il n’est pas inhumain d’avouer qu’Agamemnon nous a ravagé the gésier, et ce, dès la première demi-heure du match.
Piteux qu’on été, hein, farangus-anonymus ?

Le bol qu’on a eu d’affurer ce Jacqueline de Romilly raconte L’Oretsie d’Eschyle.
Elle t’esplique tout, dame Jackie, elle te prend par la main et te fait visiter tout le zoo Olympique.
...
-Y sont gentils, tu vois... là, celui qui fait la sieste au soleil, c’est Zeus, mais chut, ne le réveillons pas car j’ai oublié mon parapluie... ici, celui qui baille et qui s’étire, c’est Apollon ; non, ne le touchez pas, il mord... Attention, n’approche pas de cette cage car les Érinyes n’ont pas encore mangé... Bouchez-vous le nez les enfants, nous allons traverser le parc des Atrides... etc.

Attention, elle ne t’assène pas une doctrine, non, elle te montre juste les pistes, les connexions qui relient les personnages, les situations et les Dieux ; elle pose un contexte sur la toile ; après, à toi le pinceau.

Le bouquin est court, intelligent (jamais chiant), extrêmement clair et finalement tu auras les clefs qui vont te permettre de découvrir plus sereinement ces trois pièces, de les interpréter depuis ici et maintenant et d'en comprendre le moteur : la violence, et, finalement, ce qu’il est judicieux d’en retenir : Il faut que Justice soit donnée afin qu’un cycle de violence puisse cesser...


Encore merci à vous deux, Chychyle et Jackie.


(Bon, là, un bon polar, bien frais, bien norvégien... pour digérer, décompresser... ça te dis ? Allez, viens, j’t’invite...)




Les Zablettes...

Je vous demande cependant d’accepter le fait que : 

Jackie s'en fout carrément
Jackie est forte à présent
Jackie risque tout pour du vent
Pour du vent...

L’Orestie, Eschyle

Alors là, farang suspicieux, tu te demandes ce qui m’a pris, non ?
Ben, moi aussi... 

Peut-être que Les Thibault de Roger Martin du Gard m’ont-ils ouvert un appétit démesuré ou plus sûrement m’ont-ils laissé en manque. En manque de grands textes, de référentiels sinon bondissants, du moins incontestables... une sorte d’exaltation post-lecturoïdale, disons. 

Nonobstant, peut-être ai-je été un tantinet trop gourmand, car n’écoutant que mon juvénile enthousiasme, je me suis jeté sur cette Orestie, persuadé que je trouverai l’explication du pourquoi du comment du Grand Tout en épousant au plus près les circonvolutions putassières de la famille des Atrides.

Donc je me suis jeté dedans.
Plouf !
Putain, elle était froide !
Tétanisation... esquisse de soubresauts... noyade !


Voila, en gros con que je suis, j’ai pour religion de ne pas lire les préfaces, les introductions et autres quatrièmes de couverture. J’ai peur de perdre mon temps ou d’être trop influencé ; et je suis un triste sire !
J’ai déboulé tout puceau à la page 109 : Agamemnon.

... quand même résisté jusqu’à la page 147, au moment où :


LE CORYPHÉE
La fermeté bien confirmée d’un tel serment,
quel remède apporterait-elle ? Je t’admire,
toi nourrie au-delà des flots dans une langue étrangère :
chacun de tes mots a porté comme si tu avais tout vu.


… avant d’abdiquer tellement j’étais de plus en plus largué.
Que faire ? Renoncer ? Faire le capitulard ? Rien dire à personne ?...
Et bien non ! Prenant mon foutrage à deux reins, je me suis insurgé et je suis allé siffler là-haut sur la colline. Résultat, de fil en wiki : Jacqueline de Romilly dans “Jacqueline de Romilly raconte L’Orestie d’Eschyle”.
[Je vais t’en faire l’article très prochainement car pardon, elle t’en explique un rayon et c’est extrêmement consubstantiel à ce qui nous préoccupe présentement, c’en est même transsubstantiationnel si tu veux mon avis catholique, apostolique et roumain...]

Et après, je me suis épaté à allègrement finir mon Agamemnon, mes Choéphores, puis à me régaler avec les Euménides... Chères Bienveillantes...

Faut dire aussi que les Atrides c’est pas la famille de môssieur tout le monde, non, c’est plutôt tuyaux de poêle et compagnie, tendance Borgias, si tu vois ; meurtres et incestes à tous les étages sans compter sur la pléthore de Dieux tous plus vicieux les uns que les autres qui se mêlent d’un peu trop près de la tambouille des hominidés d’il y a 2500 ans.

Bon, que je t’affranchisse :
Tu te souviens, farang-hélénophobe, qu’Agamemnon et son frangin Menelas étaient à la tête d’un gang de Harley (le Spartak d’Argos, je crois) et que ces couillons se sont fait soulever la belle Hélène par le freluquet Pâris, lui même membre d’un chapter concurrent : l’Olympic de Troie. Rappelle-toi qu’il leur en faut moins à nos bilkers pré-jésuschristiens pour choper les nerfs. Les deux compères sifflent leurs potes et voila toutes la clique des Ulysse, Ajax, Diomède and Co qui enfourchent leurs putains de bécanes et qui vont planter leurs tentes aux pieds des murailles de Troie. Là, baston générale pendant dix piges ! Mais j’t’apprends plus rien si tu as lu ton Homère ( fils de Simpsons ?). Une guerre pour l’honneur en somme... ben, dis que j’me goure ! Comment ? T’invites un pote chez toi, t’as tous les égards, tu lui fais essayer ta Harley, y sniffe ta coke, bois ton gin, fume ta beu, dégueule sur tes tapis et au moment de se casser cézigue te chourave ta meuf ? ! Avoue qu’elle est raide celle-là, non ? ! On en a connu qui se sont fâchés pour moins que çà. Tu comprends maintenant pourquoi le père Ménélas était furax. Brèfe, après cette tafiolade infernale, Ménélasse a posé sa main sur l’épaule de son frérot Agamemnon et l’a regardé droit dans les yeux :

- Aga (ouais, il l’appelait Aga), t’as vu comment ce fils de pute de Pârisseux a levé Mon Hélèneux ? Çà, on peut pas test, té, peuchère ! Cours chercher Fifi, Loulou et Riri et allons foutre une branlée à ces enculés de métèques, de juifs errants et de pâtres grecs... En selle les gars !  Vroouuum... roaaa... etc. On connaît la suite.


Voila pour la situasse (en gros, quoi).


L’ami Eschyle (si, c’est mon ami aussi) intervient donc à ce moment là, dix piges après le départ d’Agamemnon et de ses Sons de l’Anarchy et écrit la première de ces trois pièces qui composent l’Orestie:


Agamemnon.


Donc, quand le mâle alpha Aga se repointe “at home”, sache qu’il est attendu le lascar. Faut dire que sa gonzesse, Clytemnestre, l’a un peu à la caille car avant de partir zà la guerre, se connard a sacrifié sa fille Iphigénie à ESSO, le dieu des “on the road again”. Qui plus outre, mémère Clytemnestre s’est pris un amant (Égisthe) dans l'intervalle... te dire si elle est joice quand il rapplique le pacha ! La garce va n’avoir de cesse de fomenter, d’ourdir et de manoeuvrer pour arriver à lui niquer sa race à l’époux maudit et infanticide; elle le coince finalement sous couvert de boniments et le pique sévèrement... Tschac ! Tschac ! Saigné comme un goret... y claque ! Tant mieux, j’l’aimais pas non plus, Aga... j’ai pas pleuré !

Évidement, c’eût tété trop simple d’en rester là ; deuxième mouvement :

Les Choéphores.

Ouais, tout ça c’était sans compter sur Oreste qui est le fils d’Agamemnon et de Clytemnestre.
Calcule pas, çui-là est du côté de son vieux, et ce fils de… heu... cet enfant de salaud, disons,
va venger son père en trucidant sa vieille, ce bâtard... c’est bien un gros con de mâle, tiens !
Du coup il se chope les Érinyes sur les endosses car figure-toi qu’il existe déjà une police intergalactique à l’époque :  les Érinyes. Une sorte de club de gonzesses façon petits juges rouges qui ont l’oreille des Dieux et qui sont teigneuses comme des journalistes de Médiapart. Celles-là, quand elles t’ont flashé, t’es sûr que la prune va atterrir dans ta boîte aux lettres. Elles ne ratent personne ; t’as déconné, t’as tué ta daronne : elles vont te marave... tu peux pas test là non plus !  T’es mal barré car les Érinyes c’est comme les morbacs, ça te lâche plus...
Donc, la malédiction des Atrides va continuer... cette spirale de violence familiale ne finira jamais, que tu te penses dans ton neurone de juilletiste...

Heureusement, heureusement il y a la troisième partie :

Les Euménides. (en fait c'est les Érinyes en mode civilisé V2.0)

Ici, et il était temps, Apollon va calmer le jeux, va amadouer les journalistes de Médiapart, leur expliquer que l’Oreste, finalement, il est plus con que méchant, que ça sert à rien de s’acharner sur des Boudu et que si elles veulent vraiment se la donner en ce moment, ben elles zont des Tapie, des nains, des Juniac et des Karachi-gate qui n’attendent que leurs bons offices et que c’est promis, le gars Oreste ne montrera plus son zizi à la sortie des zécoles.
Et je persiste à croire qu’il a raison cet Apollon, car à ‘ment donné, la vendetta, faut qu’elle s’arrête. Alors que ce soit Apollon, Les Bienveillantes ou Boris Cyrulnik, place à la rédemption, à la reconstruction, à la résilience et que cesse la malédiction des Atrides. Oreste est jugé, lavé de ses péchés et libre devant les Dieux et les hommes, et merci à l’aéropage... 
Ça s'appelle la Justice.


Brèfe, y zétaient bien cools ces Sons of Eschyle... à part la boîte à vitesses de la Peugeot 504, j’vois pas ce qu’on aurait inventé de mieux depuis, hein ?


[ j’ai un peu déconné là, non ? Mais sans dec, c’est pas si loin pourtant... cela dit, faut quand même que j'arrête l'EPO.]




Erinyes: Winter by Ivy Izzard





Putain ! Tu vas payer !...

dimanche 14 juillet 2013

Les Thibault (t. 3), Roger Martin Du Gard

Quelle maestria ce Martin du Gard.
Quelle tristesse d’en avoir fini avec les Thibault !

Ce dernier tome se divise en deux parties inégales (en style, j’veux dire, pas en talent !)
Les trois cents premières pages déroulent un récit quasi linéaire et sont dévolues à L’ÉTÉ 1914 (suite et fin). Elles sont balisées par la mort de Jaurès (31 juillet) d’un côté et la mort de Jacques de l’autre (10 aôut). On assiste épouvanté à la course folle de L’Europe vers l'abîme de la Première Guerre mondiale, vers les millions de morts.
Incontestablement c’est Jacques le moteur de cette partie. Quel mec formidable ce Jacques, et quelle judicieuse façon d’appréhender cette période par le truchement de ce socialo viscéralement pacifiste ; rappelle-toi que c'était pas à la mode, en 14, d'être contre la guerre...

Puis, de la page 309 à 635, l’ami Bob nous présente à front renversé la situation d’Antoine qui, de carabin installé et occupé à s’enrichir durant l’été 1914, c’est brusquement retrouvé mobilisé et expédié dans un enfer de tripes, de mitrailles, de sang et de gaz moutarde savamment dosé.

La narration débute en 1918 alors que ce pauvre Antoine tente de survivre au gazage qui a bousillé son arbre bronchique.
Ici, nous voyageons à rebours au grès des souvenirs d’Antoine, des échanges épistolaires qu’il entretient avec sa famille et pour finir, par son journal personnel qui nous convoque au coeur de son agonie. 

Une écriture extrêmement maîtrisée ; c'est magistral. 

Je te parlais du talent de ce bougre de R. M. du G., farang-pantecôtiste, ben voila comment il brosse un portrait du futur Père la Victoire en quelques lignes ; tout est là :

“ M. Clemenceau, voyez-vous, c’est un paradoxal mélange de scepticisme naturel... de pessimisme réfléchi... et d’optimisme résolu ; mais il faut reconnaître que le dosage est excellent ! “

Merci Môssieur Martin du Gard, c’était superbe et très instructif.



Mode Automne-hiver 1914





Attention... Je vous demande de ne plus respirer...

mercredi 10 juillet 2013

Les Thibault (t. 2), Roger Martin du Gard

Outch ! En 1913, ça démarre fort les retrouvailles familiales des Thibault autour du vieux en train de clamser !  Hé, c’est pas du petit plomb le patriarche : il agonise pendant presque cent cinquante pages ! C’était du coriace Maurrassien çà madame, du pur salaud made in Frankreich blanchi sous le harnais ; faut pas être sujet à la phobie des majuscules si tu veux ne serait-ce que papillonner dans le C.V. de cézigue sans finir aveugle !

… Docteur en droit, ancien député de l’Eure, Président honoraire du Comité des Oeuvres catholiques du Diocèse de Paris, Fondateur et Directeur de l'Oeuvre de préservation sociale, Président du Conseil d’administration de la Société protectrice de l’Enfance, ancien Trésorier de la Section française du Comité central de solidarité catholique, Membre correspondant de la Confrérie de Saint-Jean de Latran, Président du Conseil curial et membre actif des Associations pieuses de la paroisse de Saint-Thomas d’Aquin, etc. Pfff... sans compter les médailles et autres Légion d’honneur... Un putain de vrai bourge vieille France, en somme. Plus psychorigide, tu peux pas test. Et pourtant, là, pendant ces premières pages, le Roger Martin etc. continue à te manipuler, à jouer avec la morale, ton sens de l’éthique, à littéralement te happer par la soudaine crise d’existentialisme de ce vieux bigot vaniteux face à la souffrance extrême, à l’agonie et à la mort... le doute et le refus concluant une vie de certitudes et d’acceptations ; grandiose !


Et puis... et puis, il y a l’énorme deuxième partie :  L’été 1914.
D’ailleurs,ça déborde du tome deux jusqu’à la moitié du tome trois ; tu vois le coup ? !


Une écriture toujours aussi élégante et acérée qui décortique le mois de juillet 1914 sous tous les angles possibles entraînant les quatre personnages principaux Jacques, Antoine, Jenny et Anne dans l’éternelle valse des tribulations fessières et, tout à leurs passions, ils sont bien peu à se douter du gouffre qui va bientôt s’ouvrir sous leurs pieds.

Je me répète, mais l’ami Bob a une plume toujours sur son trente-et-un, il écrit avec précision et fluidité ; une sorte de dentelle blanche réticulant le tempo d’un ample mouvement de houle. Ouais mon cadet, c’est élégant et surtout inexorable, car l'acuité et la pertinence déterminées par la proximité de l’évènement (1937), donnent à ce chef-d’oeuvre toutes légitimités à figurer en bonne place dans l'historiographie de la Grande Guerre.
Au fil des pages et des jours de ce funeste mois de juillet 1914, on s’achemine vers l’assassinat de Jaurès, la mobilisation générale à l’échelle d’un continent, et vers la pire boucherie jamais envisagée de mémoire de sapiens. Une petite clique de misérables va décider de l’assassinat de plusieurs millions de “pauvres couillons” !
En fait, en juillet 1914, le sort en est déjà jeté car depuis quelques années déjà, le destin de l’Europe est entre les mains des banquiers, des états-majors militaires et de leurs larbins politiques.
[Je sais, il ne faut jamais dire des trucs pareils, mais si tu veux mon avis de “pauvre couillon”, je propose que les von Berchtold, Viviani, Guillaume II, Samsonov, Asquith, Poincaré, et tous les Tsars de la création soient écorchés vifs par contumace, et encore ch’uis trop lévinassienne là ! … heu... condamnés à 1 € de dommages et intérêts, minimum ! ]

Crois-moi farang-analpha-bête, cet été 1914 là est magistralement disséqué par Roger Martin du Gard, c’est du référentiel ethnologique de première bourre, c’est bien mieux que bien...



Merci, Bob... je t’aime, bien que tu me coûtes quatre jours à chaque tome !



Volfoni-like



Dis donc, t'essaierais pas de nous faire porter le chapeau, des fois? Faut le dire tout de suite, hein. Il faut dire: Monsieur Raoul vous avez buté Henri, vous avez buté les deux autres mecs ; vous avez peut être aussi buté le Mexicain, puis aussi l'archiduc d'Autriche!

(Tontons flingueurs, Blier, ceci-cela...)

samedi 6 juillet 2013

Debout dans le ventre blanc du silence, Pierre Pelot

Sous le vent du monde (t. 3).

Nous effectuons derechef un énorme bon en avant dans le temps :
620 000 ans depuis Le nom perdu du soleil (t. 2), de sorte que nous sommes maintenant arrivés 380 000 ans avant ta non pas tant scélérate que polluante naissance, farang-inutile.
Géolocalisé aux entours de ce qui est maintenant la mer Noire, le clan des Oourham lutte pour sa survie, piégé dans un hiver qui semble sans fin et, comme si vivre dans cette misère froide ne suffisait pas à accaparer toutes ses ressources, la petite tribu est déchirée par des passions déjà très humaines qui travaillent les âmes fortes qui la compose. Femmes et hommes, frères et sœurs, goûtent déjà aux joies amères des amours interdites et ce, 3750 siècles avant qu’Eschyle n’osât imaginer les navrantes et peu chrétiennes turpitudes des Atrides !
Oups ! Je te sens un tantinet déstabilisé par cette nouvelle couche d’abstraction orientée “Orestie”... Machines arrières !
Nonobstant, et pour que tu comprennes bien ce que je veux te dire, je ne vois pas mieux que de te donner intégralement le moment clef de ce livre, l’instant où tout bascule de façon irrévocable dans les plus terribles résolutions...
...


Ough-uaq lui demanda :
- Wuenki’-a- ‘aaki a- ‘a m’gi Oka’a. Oka’a m’gi Inshki’a a-ok ?


Likki’a lui ricanant au visage :
- T’ti- Wuenki’ a- ‘aaki a- ‘a m’gi Oka’a. T’ti-Oka’a m’gi Inski’a a-ok !


Ahur-’a-kï, intervenant pour sauver l’honneur d’Ough-uaq:
- Roh’an-bid. Ough-dib’an xä-te.


Kaän’ote, surenchérissant :
- Ough-uaq-te ! d’une voix tremblant de colère. Ough-uaq’ zra-m’o ough-dib’te ! ne put-elle s’empêcher d’ajouter, hautaine.


Oohkki’ conclut :
- B’gii Inshki’a Ahur- ‘a-kï, uauo’ raghi...
Puis, Oohkki’a se tut, voyant qu’Ahur-’a-kï avait bien compris la gravité de la situasse ; fallait courrir... vite et en zigzag !


T’as vu, l’intensité dramatique ?
Ah, putain, j’en frémis encore.




Nicolas et Pimprenelle





Je me demande si tu m'aimes ?...

jeudi 4 juillet 2013

Les Thibault (t. 1), Roger Martin du Gard

Martin du Gard ? 
Roger ? (bob, quoi !) 
Non, ch’connais pos : c’est qui, le mec qui a construit le pont ?... me suis-je demandé in petto alors que j'oyais le diablotin de France-Cul qui me faisait l’article... et patati et patata ; bref, t’étais un vrai con si t’avais pas lu R. M. du G., un pire que moins que rien. Putain, j’en connaissais aucun... des Thibault, moi ! Et non content, cézigue a ramassé le prix Nobel de Cuisine  pour çà. Te dire si je culmine ! 
Je me vexe rapidement ; ça m’a bien chauffé !

Cela dit, dans certains domaines, les prix Nobel c’est comme le foot, les J.O. ou la rentrée littéraire francaoui, c’est du showbiz ; ça sert à rien... 
Quand tu vois qu’ils ont balancé le Nobel de la paix à Arafat, Obama ou l’Union Européenne ! C’est sinon baroque, du moins assez significatif d’une tournure d'esprit “foutage de gueule” assumée, non ?
En plusse, et pour en finir avec les préliminaires, la période considérée dans ces trois monstrueux bouquins (plus de 600 pages chacun) se situe dans les années 1910... période totalement écrasée par le premier casse-pipe mondial et que je pensais posséder relativement bien, vu que j’ai déjà réglementairement lu tous mes Pierre Miquel, Alain-Fournier et autres  Bernanos. Je pensais être bien enfoiraillé, quoi.

Ben j’me gourais figure-toi, farang-fistuleux, j’y connaissais fifre ! Nada ! Le mec de France-Cul avait raison, bordèle !

C’est absolument remarquable. Bob est une vraie pointure, l’as des as, le Bébel de la plume Armandfallièresque.
Une écriture simple, donc très accessible, et cependant extrêmement soignée voire pointilleuse. Il n’y a jamais de longueurs et t’es carrément obligé de tout lire ; pas de diagonalisation possible sinon tu vas rater quand les mômes s'échappent ou quand le bébé y va mourir, putain ! Zéro déchets, dingue, non ? Tout, tout, tout est bien, tout...
Une description méticuleuse des us & coutumes des bourges du Paris "avant guerre".
Deux familles : 
la première très catho avec les deux frères mutually exclisive, Antoine et Jacques sous la férule du pater familias Oscar (un sale con facho bien dans l’air du temps), 
et la seconde, Huguenote (donc totalement irresponsable), les Fontanin, avec des mœurs dissolues et toutim. Un père volage et dispendieux, une mère inconséquente et un fils vicieux : essaye de me faire des bons français avec une engeance pareille ! Laisse-moi te répéter qu'on en a rater un paquet à la Saint Barthélémy...

Blague à part, les personnages sont d’une profondeur sidérante, ils sont pour de vrai, tu vis leur vie, ils te possèdent à force d’entrechats et de rebondissements trivialement existentialistes.

 Une féerie précise et intelligente, sans dec... j’en ai encore la tête qui me tourne.

C’était absolument délicieux et je ne saurais trop vous inviter à goûter cette merveille bien que j’en soupçonne plusieurs d’entre-vous (des gagne-petits, des mesquines, des médiévistes, des retraités ou des branleurs des jeunesses berlusconiennes) d’être rebutés par les plus de 2000 pages qu’il va falloir s’enfourner in the baba pour arriver au bout de ce cycle gigantestosaure.

Putain je veux, Bob est mon pote ! 

Merci Ser Roger Martin du Gard.



C. Trouille, Le confesseur





Je vous demande de goûter à votre confesseur...

mardi 2 juillet 2013

Éloge de la faiblesse, Alexandre Jollien

Voici une petite merveille, une perle rare ; cent pages d’humanité poignante sous la forme d’un dialogue entre Socrate et l’auteur.

Dans cette collision philosophique, l’ami Alexandre dévide la pelote de sa vie, depuis l’époque de l’institution pour personnes handicapées dans laquelle il passa les dix-sept premières années de sa vie, jusqu’à installé ce jour d’hui dans sa condition d'ethnologue-écrivain.
Sauvé par la philo le garçon, pis il en connait un rayon !
D’jà la forme du bouquin, un dialogue avec Socrate... t’as toute l’école péripatétique qui te tombe sur le râble, puis à chaque détour de phrase tu as un Nietzshe, un Sartre ou un Platon qui te tirent par l'oreille... Sans dec, c’est remarquable et très érudit sous couvert de simplicité, sinon de clarté.
Pourtant rappelle-toi, farang-folamoureux, qu’il a eu un parcours rare, pour un mec si jeune, le camarade Alex... 
Et non, putain, ch’uis pas du tout à m'apitoyer sur ce que je viens de lire, j'en reste simplement admiratif !
Alexandre Jollien se pose en ingénieur de la résilience (Saint Cyrulnik, priez pour lui), il déploie toutes les qualités de sa volonté et de son intellect pour arracher aux contingences darwiniennes de son environnement la part d’humanité qui lui est due. 
Et il est tenace, le bougre ! C'est dur, vif et sans concessions... j'adore.

- Hein ? ! tu souris, farang-pustuleux ? Tu doutes ? Tu penses que je te bourre le mou ?
Veux-tu que nous clouassions ton misérable petit bec ?


Pascal affirme que l’homme est esprit et corps et ne saurait se réduire ni à l’un ni à l’autre. Ces deux entités interagissent. “L’homme n’est ni ange ni bête, mais le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.” Nier le corps, loin de s’élever, c’est s’abaisser. Nier le spirituel, même résultat !
Viser l’harmonie entre ces deux dimensions, savoir la gérer, là réside précisément le difficile apprentissage du métier d’homme ; il faut toujours se dépasser, sans cesse aller au-delà de soi-même, s’engendrer, parfaire ce qui est déjà réalisé en soi. Cette intuition revêtit très tôt une importance radicale. Le bonheur, s’il existe, s’oppose ainsi diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle ; il s’apparente à une plénitude desintéressée, acquise dans un combat permanent...



Hè, c’est pas Camusien, çà ?
Quand je lis des trucs comm’ ça, j’ai des moiteurs... pas toi ?

Alexandre, tu es un homme beau.
Je n’en ai pas fini avec toi... Oh, non !
(Pis je t’ai zieuté sur la quatrième ; une vraie gueule de gendre...)

(bisPsssst... Alex)fin de parenthèse bis
Un détail cependant, ne redéboule plus à la surprenante en pleine page 555 des Thibault (t. 1) car Roger Martin du Gard va finir par l’avoir à la caille...




Dr. Folpeter



Ché vous témande dé ne pas vous moquéz dé mon hatikap... Zinon, pfiout ! ch'abuie zur the boudon...