Monsieur Greg Bear, on dit ! Je sais, il a écrit des trucs un peu “durs”, des fois, mais c’est quand même le Môssieur qui a fait “Eon” et “Eternité” ; ça force le respect ! Alors et en premier lieu, sans faire sa crâneuse, sans barguigner, on salute l’artisse bien bas.
Ceci dit, là on tape dans le sévère, du moins au début, on se perd parfois dans cette foultitude de détails biologiques ; cellules procaryotes, eucaroytes, patriotes (heu...), ancêtres proto-cellulaires, nucléotides, ARN polymérases et toutim. Pfiou, ça pique un peu la tête et on est vite submergé si l’on a pas un doctorat en biologie moléculaire in the fouille.
Mais, ces quelques pages absorbées, on retrouve le pur Greg Bear que l’on aime ; psychologie des personnages très fouillée au service d’une intrigue techno-apocalyptique inédite. De la vraie Hard SF...
Vergil Ulam, un jeune biologiste très brillant mais un peu brouillon, met au point une variété de bio-chips intelligents dans le dos de son employeur. Quand le pot aux roses est découvert, il est lourdé dans les deux heures, aussi n’a-t-il plus comme moyen d’exfiltration que de s’injecter lui-même ces petites bestioles “intelligentes”.
Tu vois venir le coup, hein ? Pandémie fulgurante ; dispersion ultra-rapide d’une nouvelle forme de vie qui va phagocyter tous les organismes vivants de la planète.
Je ne te cacherai pas que ça va très mal finir pour tout le monde... mais je te laisse découvrir les détails par toi-même en écoutant cette musique du sang.
Je vous demande de baisser votre froc...
lundi 18 février 2013
dimanche 17 février 2013
Le café du pauvre, Phonphonse Boudarluche
Hé, hé... avant dernier épisode des vacances de la vie. Quel bonheur de retrouver les tribulations putassières post-libération du camarade Phonphonse.
D’abord, connais-tu le sens exact de l’expression “Le café du pauvre” en argomuche ? Non ?
Rien à voir avec un honnête caoua, non, il s’agit justement de s’en passer car tu n’as même pas les moyens de t’en payer un de café ; du coup, et comme tu as du temps libre après la bouffe, tu passes directement à l’étape jambonnage à l’australienne de la daronne. Le mieux étant de l’attraper penchée sur l’évier, quand elle lavouille sa misérable vaisselle. On a les plaisir qu’on peut, hein ? Telle est la phisolophie du pauvre (quand il n’a pas de café).
Ouais, il est jeune et seulabre le Phonphonse dans ce Paris post-occupe. Fraîchement démobilisé, il tente deux trois fois de gagner sa tortore à l’honnête, dans des démarchages improbables, harassants et infructueux, mais il n’a pas la fibre musette-turbin, et surtout, il a le feu au calbut, la braguette en proie au priapisme. Je disais qu’il est jeune, il a des envies, des besoins à assouvir ; il sabre tout se qui se présente, de la catho coinçaresse à la trotskiste libérée en passant par la bouchère de quartier, il est prêt à épouser toutes les causes pour les enfourcher ses frangines éphémères.
Ça donne de savoureuses pépites, entièrement tricotées d’argomuche dessalé... Une régalade :
…
Je n’ai même pas le temps de la décarpiller un peu, de lui extirper du corsage toute sa laiterie !
…
Un instinct foudroyant, elle avait pour juger, jauger les mecs... leurs capacités sur le traversin. Je vais pas vous redétailler par le menu toutes nos galipettes érotiques... le funiculaire siamois... le gyroscope ardent !
...
Hélas, sa nature profonde le pousse plutôt vers la carrière voyoucrate et, ne fréquentant pas les bonnes personnes, il dérape gentiment sur la pente fatale ; premier recensement à la maison poulaga, il est presque mûr pour faire partie de l’honorable club de "messieurs les hommes" !
La suite au prochain épisode.

Je vous demande : avec ou sans sucre le café ?...
vendredi 15 février 2013
Un idiot à Paris, René Fallet
Goubi
habite dans le trou du cul du monde, Jaligny, Allier (préfecture Moulins !) et c’est un
bredin.
Dans le sude on dit un fada.
Oui mon cadet, un véritable idiot qui ne reconnaît pas sa gauche de sa droite. Enfant de l’A. P. (Assistance Publique), ouvrier de ferme, mal fagoté, sale comme le peigne qu’il abhorre, causant à peine français, ivrogne notoire, il a le look très (mais alors très) agricole.
Ceci dit il est gentil, les enfants du village lui jettent des pierres mais les animaux l’adorent.
Deux grands cons de cette campagne maudite, lui faisant une mauvaise plaisanterie de plus, vont aller le perdre à Paname.
Imagine ça, Goubi à Paris ! Bon, c’est les années 60, mais quand même...
Là, c’est un festival de conneries qui démarre. Il faut se remettre dans le style Fallet, hein ? se remémorer l’ambiance des Fallet/Audiar, Les vieux de la vieille, et toutim (je sais, le film Un idiot à Paris exisse, mais ça fait bien 40 piges que je ne l’ai pas revu !).
Bon, à Paname, l’ami Goubi va rapidement être pote avec un grossium des Halles (Monsieur Dessertine), avec Juliette, alias La Tasse (une pute et, accessoirement, sa future femme), avec Bidesque (le roi des clodos) et avec Minet (son colocataire de chat).
Finalement, il se débrouille très bien dans la capitale notre Goubi ; pas si desservi que çà par son handicap ou ses origines (ça en dit long au passage sur notre façon psycho-carcérale de vivre dans une grande ville, sur nos tropismes citadins), le Goubi va réussir à se bonifier et il redescendra dans son patelin en mode “fils prodige”. Rends-toi compte, une super gonzesse au bras, un couple de domestiques, une ferme clef en main, et, et, la 404 !
On a connu pire comme situasse, non ?
Merci Monsieur Fallet.
Je vous demande de ne pas la rayer...
Dans le sude on dit un fada.
Oui mon cadet, un véritable idiot qui ne reconnaît pas sa gauche de sa droite. Enfant de l’A. P. (Assistance Publique), ouvrier de ferme, mal fagoté, sale comme le peigne qu’il abhorre, causant à peine français, ivrogne notoire, il a le look très (mais alors très) agricole.
Ceci dit il est gentil, les enfants du village lui jettent des pierres mais les animaux l’adorent.
Deux grands cons de cette campagne maudite, lui faisant une mauvaise plaisanterie de plus, vont aller le perdre à Paname.
Imagine ça, Goubi à Paris ! Bon, c’est les années 60, mais quand même...
Là, c’est un festival de conneries qui démarre. Il faut se remettre dans le style Fallet, hein ? se remémorer l’ambiance des Fallet/Audiar, Les vieux de la vieille, et toutim (je sais, le film Un idiot à Paris exisse, mais ça fait bien 40 piges que je ne l’ai pas revu !).
Bon, à Paname, l’ami Goubi va rapidement être pote avec un grossium des Halles (Monsieur Dessertine), avec Juliette, alias La Tasse (une pute et, accessoirement, sa future femme), avec Bidesque (le roi des clodos) et avec Minet (son colocataire de chat).
Finalement, il se débrouille très bien dans la capitale notre Goubi ; pas si desservi que çà par son handicap ou ses origines (ça en dit long au passage sur notre façon psycho-carcérale de vivre dans une grande ville, sur nos tropismes citadins), le Goubi va réussir à se bonifier et il redescendra dans son patelin en mode “fils prodige”. Rends-toi compte, une super gonzesse au bras, un couple de domestiques, une ferme clef en main, et, et, la 404 !
On a connu pire comme situasse, non ?
Merci Monsieur Fallet.
Je vous demande de ne pas la rayer...
mercredi 13 février 2013
Babycakes, Armistead Maupin (t. 4) Chroniques de San Francisco
L’Épisode 4 des Chroniques de San Francisco a tenu toutes ses promesses.
Quelle agréable parenthèse, cher farang djihadiste. Du coup j’ai décidé de remettre à plus tard le burnaôut qui poignait à l’horizon... C’est pas facile, hein ? Putain de 2013...
Heureusement, l’ami Armistead, transsubstantié en bon pain par l'intercession de l’amie Céline, vient illuminer la grisaille hivernale de ce début d’année de merde.
Toujours la même tribu de gentils disjonctés sous la férule de Mme Madrigal. On assiste dans cet opus a un chassé-croisé entre le 28 Barbery lane, San Francisco et le 44 Colville Crescent, Londres. Oui, ce cher Mouse (Michael Tolliver) échange son appart avec le nouveau venu Simon Bardill, lieutenant déserteur de la marine royale anglaise. Quiproquos et coups fourrés garantis !
Mary-Ann devra choisir un étalon reproducteur ; Brian ou Simon ? Mona la lesbienne radicale va convoler en juste noce avec un richissime fils de Lord (réglementairement homo, t'inquiète) et Mouse va faire son farang-californien dans les bars gays de Londres...
À hurler de rire quand tu captes - d’après la confession de Miss Treves, la nounou naine de Simon (et qui est sa mère en plusse, mais lui, il le sait pas, chut...) - que la pauvre Mary-Ann a de fortes chances de donner le jour à un nain si elle mène son projet inséminatoire à bien.
Mais aussi, à chialer sans retenue vers la page 260, quand Michael raconte l’agonie de Jon à Wilfred, son jeune voisin semi-aborigène et sauveur de renards londoniens en péril.
Du rire et des larmes sur fond de SIDA ; la Camarde s'incruste inexorablement dans les nuits fauves...
Heureusement, une remarquable et salutaire effluve de sensemilia s’échappe encore de l’appart de Mme Madrigal...
(pssst, fait tourner, Anna.)
Je vous demande de vous protéger...
Quelle agréable parenthèse, cher farang djihadiste. Du coup j’ai décidé de remettre à plus tard le burnaôut qui poignait à l’horizon... C’est pas facile, hein ? Putain de 2013...
Heureusement, l’ami Armistead, transsubstantié en bon pain par l'intercession de l’amie Céline, vient illuminer la grisaille hivernale de ce début d’année de merde.
Toujours la même tribu de gentils disjonctés sous la férule de Mme Madrigal. On assiste dans cet opus a un chassé-croisé entre le 28 Barbery lane, San Francisco et le 44 Colville Crescent, Londres. Oui, ce cher Mouse (Michael Tolliver) échange son appart avec le nouveau venu Simon Bardill, lieutenant déserteur de la marine royale anglaise. Quiproquos et coups fourrés garantis !
Mary-Ann devra choisir un étalon reproducteur ; Brian ou Simon ? Mona la lesbienne radicale va convoler en juste noce avec un richissime fils de Lord (réglementairement homo, t'inquiète) et Mouse va faire son farang-californien dans les bars gays de Londres...
À hurler de rire quand tu captes - d’après la confession de Miss Treves, la nounou naine de Simon (et qui est sa mère en plusse, mais lui, il le sait pas, chut...) - que la pauvre Mary-Ann a de fortes chances de donner le jour à un nain si elle mène son projet inséminatoire à bien.
Mais aussi, à chialer sans retenue vers la page 260, quand Michael raconte l’agonie de Jon à Wilfred, son jeune voisin semi-aborigène et sauveur de renards londoniens en péril.
Du rire et des larmes sur fond de SIDA ; la Camarde s'incruste inexorablement dans les nuits fauves...
Heureusement, une remarquable et salutaire effluve de sensemilia s’échappe encore de l’appart de Mme Madrigal...
(pssst, fait tourner, Anna.)
Je vous demande de vous protéger...
lundi 11 février 2013
Retour à killybegs, Sorj Chalandon
Putain de Dieu !
Bouquin secos, presque dépouillé et terriblement âpre.
Ça s’installe dans les tripes dès la première page ; Tyrone Meehan est un traître.
Le cœur historique de l’IRA vu par le truchement d’un traître !
Le point de vue est paradoxal mais réactualise singulièrement le cortège d’horreurs que nous infligeait les journaux télévisés des années 70-80 : Belfast, attentats dévastateurs, enfilades de maisons grises dans la poussière qui vole, blindés légers vomissant des soldats anglais, cocktail molotov... ça faisait un bruit de fond pendant les repas, quoi. Margaret Thatcher, ne cédait ni sur les mineurs, ni sur les prisonniers de l’IRA grévistes de la faim. La garce était si délicieusement détestable que ses ennemis en acquirent un vernis de légitimité, leurs luttes en devenaient plus justes.
Alors, comment un combattant aguerri et convaincu peut-il devenir un traître à sa cause ? Pourtant le scénar était en béton : nourri de catholicisme romain, de misère, de haine séculaire (depuis Cromwell, rends-toi compte !) envers les Rosbeefs et les protestants du nord, doté d’un vieux alcoolique, sa jeunesse volée par cette guerre éternelle, il avait tout pour faire le rebelle parfait ; tous les ingrédients de l’Irlande ordinaire focalisés sur ce digne représentant de la jeune génération pour en faire un parfait héros, et plus tard, un honorable retraité des cadres de l’IRA.
Ben ça n’a pas tourné comme ça pour sézigue ! À mi-parcours, patatras, la faute, le faux-pas et l'enchaînement fatal. Le piège s’est refermé sur Tyrone ; baisé par les enculés d’en face et, fatalitas, obligé de faire la salope, de donner ses potes, mentir à sa femme... vingt ans d’ignominie lasse, vingt ans d’enfer et pour toute délivrance une fin parfumée à la chevrotine.
Le malaise est parfait car le style épuré de l’ami Sorj nous entraîne dans un aller-retour chronométrique entre passé et présent. Un récit syncopé d’une efficacité redoutable dans lequel tu croiseras même Bobby Sands et quelques autres martyres célèbres de l’IRA.
Avec ce bouquin, t’as en pogne le manuel du parfait schizophrène servi par une plume trempée de talent.
Sorj Chalandon est un ami bien amer.
Nous même, (Patrice Ier)...
Bouquin secos, presque dépouillé et terriblement âpre.
Ça s’installe dans les tripes dès la première page ; Tyrone Meehan est un traître.
Le cœur historique de l’IRA vu par le truchement d’un traître !
Le point de vue est paradoxal mais réactualise singulièrement le cortège d’horreurs que nous infligeait les journaux télévisés des années 70-80 : Belfast, attentats dévastateurs, enfilades de maisons grises dans la poussière qui vole, blindés légers vomissant des soldats anglais, cocktail molotov... ça faisait un bruit de fond pendant les repas, quoi. Margaret Thatcher, ne cédait ni sur les mineurs, ni sur les prisonniers de l’IRA grévistes de la faim. La garce était si délicieusement détestable que ses ennemis en acquirent un vernis de légitimité, leurs luttes en devenaient plus justes.
Alors, comment un combattant aguerri et convaincu peut-il devenir un traître à sa cause ? Pourtant le scénar était en béton : nourri de catholicisme romain, de misère, de haine séculaire (depuis Cromwell, rends-toi compte !) envers les Rosbeefs et les protestants du nord, doté d’un vieux alcoolique, sa jeunesse volée par cette guerre éternelle, il avait tout pour faire le rebelle parfait ; tous les ingrédients de l’Irlande ordinaire focalisés sur ce digne représentant de la jeune génération pour en faire un parfait héros, et plus tard, un honorable retraité des cadres de l’IRA.
Ben ça n’a pas tourné comme ça pour sézigue ! À mi-parcours, patatras, la faute, le faux-pas et l'enchaînement fatal. Le piège s’est refermé sur Tyrone ; baisé par les enculés d’en face et, fatalitas, obligé de faire la salope, de donner ses potes, mentir à sa femme... vingt ans d’ignominie lasse, vingt ans d’enfer et pour toute délivrance une fin parfumée à la chevrotine.
Le malaise est parfait car le style épuré de l’ami Sorj nous entraîne dans un aller-retour chronométrique entre passé et présent. Un récit syncopé d’une efficacité redoutable dans lequel tu croiseras même Bobby Sands et quelques autres martyres célèbres de l’IRA.
Avec ce bouquin, t’as en pogne le manuel du parfait schizophrène servi par une plume trempée de talent.
Sorj Chalandon est un ami bien amer.
Nous même, (Patrice Ier)...
vendredi 8 février 2013
Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski
Ça n’a pas été une petite affaire que de la gagner cette guerre... y nous a fait péter un paveton l’ami Jean-Phi ; 980 pages de folio SF, pratiquement aussi épais que large, hè, 600 grammes bien pesé ! Gaffe les amiches, faut faire un gros caca avant de s’enfiler le morcif !
Bon, ne va cependant pas croire que mille pages m’effraient, non, couillon, le tchallenge c’était de le lire assez rapidement, et sans le bousiller. Ben essais, toi, de lire un calibre pareil sans qu’une ou deux ridules ne viennent vicieusement s’incruster dans le dos du livre, sans qu’il n’y ait une rupture, non pas tant brutale que verticale, de la colle sensée agréger uniformément sa fragile dorsale semi-rigide ; forcément, vers la six ou sept centième pages tu commences à éprouver des difficultés, toutes les positions (de lecture) ne sont plus autorisées, non, faut finir de se l’appuyer à la missionnaire, en quasi lévitation... sinon, crack, ton bouquin est définitivement coupé en deux à la page 745... et tu l’as dans le baba...
- Hein ? Pourquoi ?
- Ben, faut le rendre à Denix, après, et comme neuf si possible.
- ?…
- Non, je disais : sans avoir corné toutes les pages où t’auras surligné des trucs, gribouillé des commentaires lisibles que par toi, et surtout, surtout sans une fissure comac à la page 745 !
Ouais, Denix c’est mon ami ; des fois y me prête des livres. Des fois je les lui rends, des fois pas.
Du coup, y se méfie l’animal, y pose des conditions (implicites), il a du mal à lâcher l’affaire, y veut des garanties... y fait son faux dur, son beau gosse profilé danseuse, quoi...
Brèfe, je suis quand même arrivé à boulotter son pavé sans trop l’abîmer : ouf !
Alors voilà, on retrouve avec un réel bonheur notre voyou favori qui enchanta une nouvelle de Janua Vera, Benvenuta Gesufal. Le maître assassin du Podestat Léonide Ducatore.
Le roman se déroule en grande partie dans l’uchronique cité-état Ciudalia (Gênes ?) en guerre contre le royaume de Ressine (Empire Ottoman ?).
Ce pauvre Benvenuta va très vite se retrouver submergé par les manœuvres vicieuses et dilatoires des puissants de toutes obédiences. Grosses et petites ficelles politiciennes en approche rapide. Heureusement qu’il est bourré de ressources notre Gesufal, il va en chier des briques tout au long de ce vaste et savoureux récit mais il réussira finalement à sauver sa couenne in extremis au prix d’un héroïsme qui, bien que involontaire, force le respect.
Un roman remarquable, très très agréable à lire et sans dec, je m’en serais bien tapé le double.
Ce Jean-Philippe Jaworski est un véritable magicien du genre, c’était parfait.
Merci à Jean-Phi, et merci à Denixmeux (À tes souhaits !...).
Je vous demande de vous faire désensorceler...
Bon, ne va cependant pas croire que mille pages m’effraient, non, couillon, le tchallenge c’était de le lire assez rapidement, et sans le bousiller. Ben essais, toi, de lire un calibre pareil sans qu’une ou deux ridules ne viennent vicieusement s’incruster dans le dos du livre, sans qu’il n’y ait une rupture, non pas tant brutale que verticale, de la colle sensée agréger uniformément sa fragile dorsale semi-rigide ; forcément, vers la six ou sept centième pages tu commences à éprouver des difficultés, toutes les positions (de lecture) ne sont plus autorisées, non, faut finir de se l’appuyer à la missionnaire, en quasi lévitation... sinon, crack, ton bouquin est définitivement coupé en deux à la page 745... et tu l’as dans le baba...
- Hein ? Pourquoi ?
- Ben, faut le rendre à Denix, après, et comme neuf si possible.
- ?…
- Non, je disais : sans avoir corné toutes les pages où t’auras surligné des trucs, gribouillé des commentaires lisibles que par toi, et surtout, surtout sans une fissure comac à la page 745 !
Ouais, Denix c’est mon ami ; des fois y me prête des livres. Des fois je les lui rends, des fois pas.
Du coup, y se méfie l’animal, y pose des conditions (implicites), il a du mal à lâcher l’affaire, y veut des garanties... y fait son faux dur, son beau gosse profilé danseuse, quoi...
Brèfe, je suis quand même arrivé à boulotter son pavé sans trop l’abîmer : ouf !
Alors voilà, on retrouve avec un réel bonheur notre voyou favori qui enchanta une nouvelle de Janua Vera, Benvenuta Gesufal. Le maître assassin du Podestat Léonide Ducatore.
Le roman se déroule en grande partie dans l’uchronique cité-état Ciudalia (Gênes ?) en guerre contre le royaume de Ressine (Empire Ottoman ?).
Ce pauvre Benvenuta va très vite se retrouver submergé par les manœuvres vicieuses et dilatoires des puissants de toutes obédiences. Grosses et petites ficelles politiciennes en approche rapide. Heureusement qu’il est bourré de ressources notre Gesufal, il va en chier des briques tout au long de ce vaste et savoureux récit mais il réussira finalement à sauver sa couenne in extremis au prix d’un héroïsme qui, bien que involontaire, force le respect.
Un roman remarquable, très très agréable à lire et sans dec, je m’en serais bien tapé le double.
Ce Jean-Philippe Jaworski est un véritable magicien du genre, c’était parfait.
Merci à Jean-Phi, et merci à Denixmeux (À tes souhaits !...).
Je vous demande de vous faire désensorceler...
samedi 2 février 2013
La Fin du courage, Cynthia Fleury
Hum, que c’était bien...
Quelle puissance et quel éblouissement cet essai de la belle Cynthia... heu, “Madame” Cynthia.
La fin du courage, donc.
Ça implique au préalable de maîtriser une solide et honnête définition du courage, non ? Et pis d’abord, à quelle aune le mesurer, le courage ; quelle incantation, quel mantra, quelle médication peut-être, sont-ils capables de le susciter, de le convoquer ou de le commander ? Hum ?
En outre, eût-il fallu que nous le possédassions jamais pour qu’à présent nous le perdissions. C’est vrai, quoi. L’avons-nous jamais eu, le courage ?
- Mais si, t’indignes-tu, farang-chabalesque, nous en avons du courage, car rappelle-toi qu’il faut s’en appuyer du sordidos, du darwinien, du convenu, de l’abrasif, et à longueur de journée...
- Certes, certes, pourrais-je te rétorquer, mais en a-t-on jamais assez du courage ? Ce n’est pas une sécrétion qui s’accumule le temps passant et dont tu peux disposer selon les circonstances, à bon escient (ben voyons!). Non, c’est bien plus tripal, carthartique ; c’est une résolution qui s’impose à chaud, dans l’instant, sans ruse ni calcul ; c’est le coup de fouet qui te fera franchir un point de non-retour, qui t’imposera de dire non ou d’être le seul à faire un pas en avant, ontologiquement nu mais cependant armé par cette audace... touiiiiiiiiiiiit...
[... Votre crédit “Je m’la pète avec des mots à la con” est épuisé, veuillez le recharger ; #1 Pour accéder à votre espace d’achat, #2 Pour accé... Bzuuiiiiittt... Plop !]
Putain, qu’est-ce qu’y c’est passé ?....
Brèfe, l’amie Cynthia Fleury elle te remet tout çà à plat, elle t’explique tout, c’est fluide, limpide, séduisant et finalement lumineux. Nonobstant, entention Galinette, faut s’accrocher, il faut une certaine concentration pour en goûter le miel, bien avoir révisé ton Jankélévitch et ton Hugo. Ceci dit, ça fait à peine deux cents pages, c’est très très envisageable, même pour une grosse feignasse comme toi.
Supporte ce distillat de la préface pour être totalement convaincu du talent de cette femme :
…
Une expérience de la temporalité, avons-nous dit ? Effectivement, être courageux reste la clé de l’espace-temps. La découverte de ses courbures. Le courage ou le nom moral de la théorie de la relativité. L’art de créer des trous de vers et de découvrir la singularité gravitationnelle. Une expérience de l’étrangeté avec soi-même ? Ou l’expérience de l’étrangeté de ce soi que l’on atteint si rarement ? C’est sans doute cela, le goût de la mort et du courage. C’est l’entrée dans la nuit. La nuit de notre vie qui voit défiler ses temps successifs. “ C’est le grand jour qui se fait vieux. [...] Je me regarde et je m’étonne. De ce voyageur inconnu.” Expérience de l’étrangeté et de la dissemblance. Dissemblance et semblance. Il s’agira bien d’être soi, dans l’entre-deux de la jeunesse et de la vieillesse, aux confins de l'absence d’âge, il s’agira bien d’être éternellement soi, un homme courageux. Un homme qui a le sens de l’éternité parce qu’il sait goûter la mort. Le courage ou l’absence de ruse. Le courage ou le rendez-vous avec la raison qui ne ruse plus. Elle s’adresse à nous, seule, nue dans sa rationalité insuffisante. Résolue enfin à la simplicité. Elle sait le parcours et ce qui reste à parcourir. Elle sait la vanité de ce chemin et pourtant l’unique concrétude qu’il forme. “ C’est long, vieillir, au bout du compte. [...] C’est long d’être un homme, une chose. “ Et qu’elle est longue, cette histoire qui n’est rien.
...
Hein ?... Hein ?...
Un essai à la croisée de la lucidité et de l’intelligence. Un éclairage aigu et indispensable de nos défauts mais surtout un vade-mecum sur la façon de reconquérir ces parcelles quotidiennes de courage qui font de nous des hommes debout.
Merci Cynthia !
Je vous demande d’avoir du courage... fuyez, pauvres fous...
Quelle puissance et quel éblouissement cet essai de la belle Cynthia... heu, “Madame” Cynthia.
La fin du courage, donc.
Ça implique au préalable de maîtriser une solide et honnête définition du courage, non ? Et pis d’abord, à quelle aune le mesurer, le courage ; quelle incantation, quel mantra, quelle médication peut-être, sont-ils capables de le susciter, de le convoquer ou de le commander ? Hum ?
En outre, eût-il fallu que nous le possédassions jamais pour qu’à présent nous le perdissions. C’est vrai, quoi. L’avons-nous jamais eu, le courage ?
- Mais si, t’indignes-tu, farang-chabalesque, nous en avons du courage, car rappelle-toi qu’il faut s’en appuyer du sordidos, du darwinien, du convenu, de l’abrasif, et à longueur de journée...
- Certes, certes, pourrais-je te rétorquer, mais en a-t-on jamais assez du courage ? Ce n’est pas une sécrétion qui s’accumule le temps passant et dont tu peux disposer selon les circonstances, à bon escient (ben voyons!). Non, c’est bien plus tripal, carthartique ; c’est une résolution qui s’impose à chaud, dans l’instant, sans ruse ni calcul ; c’est le coup de fouet qui te fera franchir un point de non-retour, qui t’imposera de dire non ou d’être le seul à faire un pas en avant, ontologiquement nu mais cependant armé par cette audace... touiiiiiiiiiiiit...
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Putain, qu’est-ce qu’y c’est passé ?....
Brèfe, l’amie Cynthia Fleury elle te remet tout çà à plat, elle t’explique tout, c’est fluide, limpide, séduisant et finalement lumineux. Nonobstant, entention Galinette, faut s’accrocher, il faut une certaine concentration pour en goûter le miel, bien avoir révisé ton Jankélévitch et ton Hugo. Ceci dit, ça fait à peine deux cents pages, c’est très très envisageable, même pour une grosse feignasse comme toi.
Supporte ce distillat de la préface pour être totalement convaincu du talent de cette femme :
…
Une expérience de la temporalité, avons-nous dit ? Effectivement, être courageux reste la clé de l’espace-temps. La découverte de ses courbures. Le courage ou le nom moral de la théorie de la relativité. L’art de créer des trous de vers et de découvrir la singularité gravitationnelle. Une expérience de l’étrangeté avec soi-même ? Ou l’expérience de l’étrangeté de ce soi que l’on atteint si rarement ? C’est sans doute cela, le goût de la mort et du courage. C’est l’entrée dans la nuit. La nuit de notre vie qui voit défiler ses temps successifs. “ C’est le grand jour qui se fait vieux. [...] Je me regarde et je m’étonne. De ce voyageur inconnu.” Expérience de l’étrangeté et de la dissemblance. Dissemblance et semblance. Il s’agira bien d’être soi, dans l’entre-deux de la jeunesse et de la vieillesse, aux confins de l'absence d’âge, il s’agira bien d’être éternellement soi, un homme courageux. Un homme qui a le sens de l’éternité parce qu’il sait goûter la mort. Le courage ou l’absence de ruse. Le courage ou le rendez-vous avec la raison qui ne ruse plus. Elle s’adresse à nous, seule, nue dans sa rationalité insuffisante. Résolue enfin à la simplicité. Elle sait le parcours et ce qui reste à parcourir. Elle sait la vanité de ce chemin et pourtant l’unique concrétude qu’il forme. “ C’est long, vieillir, au bout du compte. [...] C’est long d’être un homme, une chose. “ Et qu’elle est longue, cette histoire qui n’est rien.
...
Hein ?... Hein ?...
Un essai à la croisée de la lucidité et de l’intelligence. Un éclairage aigu et indispensable de nos défauts mais surtout un vade-mecum sur la façon de reconquérir ces parcelles quotidiennes de courage qui font de nous des hommes debout.
Merci Cynthia !
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| Jankelevitch |
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