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mercredi 10 octobre 2012

Les anarchistes, Ni Dieu ni maître ! Sylvain Boulouque

Tout d’abord, laisse moi te présenter mes excuses, stupide farang, pour t’avoir traité de “pauvre bouse des steppes iphoniques” dans mon commentaire précédant. Je ne le pensais pas, hein ? En fait je t’aime sale con, mais ça fait du bien de sembler s’adresser à plus crétin que soi... Ché dis bas gué z’est udile, ché dis gué ça zoulage... Allez, on n’en parle plus et cesse de chialer, ton maudit iphone est à la poubelle de toutes façons !

Bien, Number Vier pour cette saga des rebelles.

Nonobstant, je ne vais pas non plus te faire l’apologétique de Anars, j’ai passé l'âge, chuis bien trop embourgeoisé, mais c’est de loin le meilleur de la série. Là on révise vraiment ses classiques (les jeunes amatrices de Culture Gé sont obligées de mettre le nez dedans).

Sans dec, que du beau monde dans cet opus :

Proudhon ( la propriété c’est le vol) ; Bakounine, mon favori ( si Dieu existe, il faut l’abolir) ; Déjacque (A bas les chefs !) ; l’excellente Louise Michel (Vive la Commune !) ; Emile Pouget et son insurpassable “Le Père Peinard” ; le ô combien légitime credo de l’émancipation féminine avec Emma Goldman (çà, ça va plaire à Nelly); Voline (le fascisme rouge), et plus proche de nous : Léo Ferré ou Bérurier noir ; et tant d'autres...
Bref, que des merveilles indispensables et qu’il faut lire, relire, rabâcher, marteler, inculquer et relire encore ; inlassablement... 
6€ chez ton marchand de tabac (ou sur mon bureau).
Comment, tu ne vas pas chez les marchands de tabac ? Tu ne fumes pas ? ! Oh putain ! Farang, farang... qu’est-ce que je vais faire de toi ? 



Bakounine

Si Dieu est, l'homme est esclave, or l'homme peut et doit être libre donc Dieu n'existe pas...

mardi 9 octobre 2012

Churchill, François Bédarida

Hé oui, pauvre bouse des steppes iphoniques, me voilà à faire le panégyrique d’un Tory éminent !

- On aura donc tout subi, penses-tu ex abrupto.

- Oui mais entention, pourrais-je te rétorquer, Winnie ce n’était pas que le vieux monsieur au Panama avec un Havane comac au coin du bec que l’on voit faire le “V” de la victoire sur de vieux clichés en noir et blanc. 
Non, Le Bulldog était déjà un vieux clébard teigneux bien avant le début du siècle (ne soit pas con, je parle de l’autre). Il sévissait déjà à l’ère Victorienne, une vraie gueule d’Empire cézigue ; campagnes d’Inde, d’Afrique du Sud (guerre des Boers), sans parler de la Grande Guerre et de la mémorable branlée des Dardanelles (le turc est fourbe, ô combien !). 
Bref, c’était un bibard de soixante-cinq ballets quand l’Adolfe c’est mis à déconner et à vouloir accaparer les jouets de ses “bédits gamaraden”...

Bon, je cesse de te bourrer le mou, ce bouquin s'achète dans toutes les librairies & bureaux de tabac, c’est une série du Nouvel Obs, presque 10 balles.

A vous le soin, Monsieur Babbington... (ben, devine, grosse tête... O Brian, ça te revient ?)

Quoi qu’il en soit, et s’il y a un truc à retenir, c’est :

We shall fight in France. We shall fight on the seas and oceans. We shall fight with growing confidence and growing strength in the air. We shall defend our Island, whatever the cost may be. We shall fight on the beaches. We shall fight on the landing grounds. We shall fight in the fields, and in the streets, we shall fight in the hills. We shall never surrender!



Je vous demande de croire que ça me fait chier de le dire, mais Britannia rules the waves...

lundi 8 octobre 2012

Quinzinzinzili, Régis Messac.

Préliminaire fumeux et superfétatoire (mais obligatoire, et ouais) :

Indécrottable farang, quand je te dis qu’on a toujours besoin d’un plus “ancien” que soi, d’une figure sinon tutélaire, du moins paternelle qui veille sur ton éducation, d’un noble et sage géant sur les épaules duquel tu peux voir plus loin, ailleurs. Moi, j’ai ma Lumière du Mékong, mon Pygmalion, mon Patriçounet Doré. C’est le mien... que personne ne s’approche de Lui ou je sors les flingues et j’estermine, j’dératise !
Il m’a fait l’honneur d’une petite visitation, hier. L’était avec Maman, la Noble Patriçounette (que Le Grand Babu la tienne en Sa Sainte Garde!) et Il déposa en mon humble logis (d’un geste forcément cérémoniel) la merveille dont il est question présentement : Quinzinzinzili.

- Lis cela, fils, et tu éviteras, peut-être, mon légitime courroux, tonitrua-t-il subrepticement (on se demande comment Il fait).

- Heu... crus-je bon d’aporiquement laisser échapper. (ha, ha, ha...)

- Comment ?... tu rétorques, tu argumentes, tu es en proie au verbiage ?... insignifiant vermisseau ! éructa-t-il  gracieusement ( L’est fort, hein ? Essaie seulement d'éructer gracieusement, tu m’en diras des nouvelles).
Cependant, l'accorte Patriçounette, judicieusement sise dans une tangente vive (anti-sorte d’angle mort, disons) et qui connaît son Larron Oxymoresque, qui sent bien qu’on ne s’en sortira pas si je le prends de front, à L’Autre Septicémie Égocentrique, me mimait toutes sortes de postures de soumission, par devers notre Auguste Tourmenteur, bien sûr ; dans son dos, quoi.

J’obtempérais complaisamment, effectuais les diverses génuflexions prescrites par le credo du Necronomicon Asymptotique et crachais rituellement sur les quatre coins de mon bureau...
La Bestia Eschatologica se calma et reprit visage rubicon et Jourdainien ; nous pûmes poursuivre l’apéro, sereinement, comme il se doit...
L’est pas commode Le Vieux Sulpicien, mais bien serviable quand on sait le prendre.
Evohé, Aum, Amen...


C’est quoi, alors, Quinzinzinzili ? C’est un titre, çà ? C’est sûrement un bouquin pour les mômes, serais-tu tenté de penser en bon jocrisse incontinent que tu es. Gros nase, est-ce que “Sa majesté des mouches” ou “l’Enfant” de Vallès sont pour les miochards, hum ? (à ce propos, ne zappe pas l'excellente préface ; Eric Dussert a pris le bien meilleur exemple de "Poil de carotte" en l’occurrence).

Bon, ceci dit, ce livre reste la meilleure contre-utopie post-apocalyptique jamais écrite en français (1935 !), un roman eschatologique d‘un désespoir et d’une acidité absolue.
La fin et la renaissance de l’humanité pour le pire. Une poignée de mômes dans le rôle des derniers humains sous le regard indiffèrent du dernier des adultes. Une sorte de “Malville” d’un pessimisme et d’une lucidité noire, mais noire ! 
Une pluie noire :
...
Et puis, la pluie va venir. Je la vois, je l’entends tomber dès l’automne et changer tout en boue. Et la boue reviendra poussière, et la poussière boue, pendant bien des hivers, pendant bien des étés. Et puis l’océan viendra peut-être à son tour ensevelir ce cadavre, l’envelopper du linceul  de ses sédiments. Et la mer capricieuse  se retirera, laissant le soleil et les vents tamiser à nouveau ces cendres, dune inféconde, appelée elle-même à s’éparpiller, à disparaître. Alors, sur le sol égal, le soleil immobile éclairera dans la plaine le sable solitaire et brûlant. Plus rien, plus de trace...


Ah, putain, Régis (qui es in caelis) m' a tuer...
Oui, Régis Messac est notre maître.
Oui, Régis Messac doit être lu et relu.
Oui, on s'en occupe.... J'en vois plein sur l'@m@zon 2.0, hé, hé...

Hein ?

Oui, je sais, faut y aller cool sur l'amazon...
Oui, je sais, y a le foncier qui est tombé...


Pfff...



Le pape qui crie, Bacon, ceci-cela.

Pater noster, quinzinzinzili
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua
sicut in caelo et in terra...

Et caetara.












samedi 6 octobre 2012

Les courants fourbes du lac Tai, Qiu Xiaolong

Cette chinoiserie est tellement parfaite que c’en est presque Britannique!
Pouf, pouf...

Le décor :
La Chine. Maintenant. Le bled s'appelle Wuxi et bordure le lac Tai. L’inspecteur s’appelle Chen Cao.

Le genre :
Polar sino-écolo-poétique.

Le contexte politique :
La Chine d’aujourd’hui est la fille de la doctrine de Deng Xiaoping : l’économie socialiste de marché qu’il lança en 1992 et dont le résultat sur la société chinoise “moderne” peut se résumer par une citation de Karl Marx que je te rappelle en partie et dont la fin est subrepticement glissée dans le livre :

Le capital abhorre l’absence de profit ou un profit minime, comme la nature a horreur du vide. Que le profit soit convenable, et le capital devient courageux : 10% d’assurés, et on peut l’employer partout ; 20%, il s’échauffe ; 50%, il est d’une témérité folle, à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines ; à 300%, il n’est pas de crime qu’il n’ose commettre, même au risque de la potence...

Voila, le contexte te fournit le motif des crimes, car il y plusieurs crimes ; crime contre l’Homme et crime contre la Nature, la mère universelle, Gaïa.

Tout d’abord le crime classique, prosaïque, inhérent à la substance d’un roman policier ; le directeur d’une usine chimique se fait buter juste avant la rentrée en bourse de son usine. Là, faut compter avec le très digne et so british inspecteur Chen ; l’est fort le flic poète et il va régler çà en deux coups les gros... entre deux tasses de thé.

Et puis, en background, il y a le crime contre la nature. La pollution absolue engendrée par la course au profit de toutes ces usines qui recrachent leur merde dans les eaux du lac Tai. Rappelle-toi, faranguis horribilis,  qu’il ne faut pas bouffer les poissons que tu y pêcheras, hein, et quant à y tremper les arpions : oublie immédiatement, tu le regretterais très vite !

Conclusion :
Un très bon et très beau polar, entre-tissé de poésies. S'il continue, ce Chen est en passe de devenir notre ami.




Je vous demande de longuemarcher...

jeudi 4 octobre 2012

Je vais passer pour un vieux con, Philippe Delerm

Ouais, l’a pas tout à fait tort, Fifi...
Pour une fois j’ai beaucoup de mal à te faire l’article d’un livre ; c’est un comble ! Bien que je ne sache pas faire, le mieux serait que je n’en dise rien ; je ne devrais pas trop la ramener sur les trucs qui me passent au dessus de la tête. Mais, bon, ne rien dire ce n’est pas mon genre, hardi petit...

Chaque phrase, chaque paragraphe, chaque chapître est frappé au sceau du bon sens, du bon mot, du bon sentiment et en plus s’est presque fin. Mais c'est mou, farang débandant, c’est fade, téléphoné, langagier et loin d'avoir la saveur d’une première gorgée de bière !
Tout ça est décidément bien ancré dans un boboïsme (parisien?!) assez insupportable.

Bon, attention,  Fifi je le connais mal finalement, c’est très certainement un mec formidable... Alors disons qu’il sera mon ami quand il commettra des textes un peu plus rugueux et moins “intelligents”. 
Faut qu'il arrête la bière le vieux gars Delermuche ; devrait passer au pinard...





... Muscadet monsieur, goûte... Alors ?

Où tu l’trouves ?

Chez Baladin, rue d’la Clef, 160 balles...






mardi 2 octobre 2012

L’odyssée fantastique d’Arthur Dément, Mario Mercier

Voilà, encore un pur exemple de la malignité des livres. Hier soir, je tchaoupinais dans ma bibli kiss-cool, à la recherce des Misérables (j’ai vraiment envie de le relire, bordel !), à l’endroit ou je supposais qu’ils sont ces misérables², et, bien sûr, ils n’étaient pas dans la première couche de bouquins, l’a fallu passer au deuxième effet, c’est à dire virer la première rangée, celle que l’on voit immédiatement, pour zieuter derrière, dans la deuxième. Bien sûr, je ne les ai pas trouvés, tu te figures bien... à la place j’ai pris un coup de neuralizer, tu sais, ce sextoy chromé qu'utilisent les MIB pour subjuguer les témoins : SPLASH, bzzzziiiii...
C’est ce bouquin qui m’a flashé ! Trente ans, au bas mots, qu’on ne s’était plus croisé ; j’ai immédiatement oublié ce que je cherchais, j’ai saisi ce Mario Mercier et suis allé m’enfermer dans ma cabane...
Pfiou... cet Arthur est dément !
C’est tellement barré que je ne vois qu’une profonde peur des femmes pour susciter une telle odyssée. Accroche-toi à ton membre turgescent, farangilingus, car pour une fois il te servira à autre chose qu’à violer des petites filles thaïlandaises (fumier!), tu vas avoir besoin de t'agripper à quelque chose de familier pour suivre le Dément, à bord du fier navire Tchiapakan, dans son périple à travers les mers Psychique et Mémorielle. Cargaison psycho-sexuelle atroce, bordels flottants, sirènes nymphomanes et édentées, couilles ambulantes et monstrueuses, vagins vénéneux, équipage picaresque et vaillant capitaine borgne.
C’est fou, moite, visqueux, pervers, maritime et il y a une touche de Borges...

Un livre des bordures, pas du tout, mais alors pas du tout mainstream.

Ça doit être un drôle de zigue Le Mario ! Hélas, comment trouver ces premiers bouquins ? Les seuls trucs de disponibles sont de vagues fadaises fortement ésotériques et des conneries sur le chamanisme.

Hé... serait-il possible qu’il soit mon ami ?




Je vous demande de regarder la lumière...

ALIBI, Flics et voyous, La plume dans la plaie

Très bel objet que cet Alibi. T’en apprendras des choses sur tes polars chéris mon bon farang, pis y a du beau monde qui parluche dedans !  
Du docteur es polar (Claude Mesplède), du professionnel de la truanderie (Eric Halphen), du lecteur médiatiquo-bla-bla (François Bayrou), du gendarme déchu (Jean-Hugues Matelly) ; une superbe série de photos “au coeur des gangs” de Christian Poveda ; une visite d’Edimbourg au côté de l’inspecteur John Rebus (rien que ca !) ; l'excellente fiche technique du mythique Smith&Wesson 38 Special, et plein, plein d’autres choses qu’il faut absolument savoir.
Bref, que des trucs sérieux.

Le hic, avec cet artefact peterfalkien, c’est la liste consubstantielle de tout ce qu’il va falloir acheter... tout ce qui nous a échappé, mon vieux gars ! Vont être contentes les cavalières semi-mastectomisées...





C’est ma femme qui va être contente...