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lundi 11 janvier 2016

Albertine disparue, Proust

À la recherche du temps perdu VI

Or donc, cette chère Albertine s’est cassée en Touraine chez sa tante, Mme de Bontemps, à la fin du tome précédent. Il devrait être content l’autre zèbre de narrateur te diras-tu innocemment, farang-anuptaphobique, de s’être débarrassé de la donzelle puisque ne l’aimant plus il était à deux doigts de la lourder. Ben, non ! Le voila qui se met dans tous ses états pour la faire revenir, dis-donc ; il veut lui acheter un yacht, une Rolls ; il envoie son pote Saint-Loup tenter d’arranger le coup, là-bas dans la cambrousse tourangelle ; bref, il est encore sur le coup, on the road again !
Et là, paf ! Nouveau coup de théâtre : Albertine se tue dans une chute de cheval.
Je te laisse imaginer les affres que va traverser le narrateur. Si tu as la chance de ne pas encore avoir bien compris ce que représente la mort d’un être cher, voire très cher, je te conseille alors la poignée de pages qui suivent ce dramatique événement. Plongée dans l’intimité et la folie du deuil… Et si tu crois que la mort de l’être aimé éteindra la jalousie qu’il suscitait de son vivant, alors tu te goures mon cadet car cézigue va encore continuer à enquêter sur les arcanes de la vie amoureuse d’Albertine en cuisinant, mine de rien, ses anciennes copines expertes es tribadisme, et ce qu’il découvrira ne va pas trop lui plaire...

Heureusement, et c’est un truisme de le formuler, le passage du temps vient à bout de tout, et ce diable va finalement rebondir en effectuant un voyage (depuis très longtemps reporté) à Venise avec sa mère. Encore une fois, si tu connais mal les innombrables teintes de l’eau de ses canaux, il ne te faut pas rater ce chapitre. Et entention, quand on bouge, chez ces gens là, on ne descend pas chez l’habitant, hein ? Oublie les auberges de jeunesse ou les tables d’hôtes. Non, on se paye les plus grands hôtels, et on dîne dans les gastos quatre étoiles ; m’est avis que ça facilite les convalescences de l’âme, mais j’arrête car je suis à deux doigts du jugement de valeur…

De retour à Paname il renoue curieusement avec Gilberte Swann, désormais Gilberte de Forcheville, car sa mère Odette a épousé un individu de ce nom après la mort de Swann. 
Ch’t’avais pas dis que Swann été mort ? Merde alors, je te présente toutes mes confuses ; cela dit, j’espère que tu ne t’attends pas à ce que je te résume un bouquin de la Recherche en une page. Non, il va falloir que tu fasses l’effort de surmonter tes propres échecs, car ne flippe pas, tout bon lecteur a eu les siens avec Proust ; faut pas faire le malin, hein ? C’est une question de «grâce» avec cézigue, ça te vient, ou non, et, aussi rare que le mouton à cinq pattes sont les âmes capables de goûter la Recherche dès la première piquouse ; personnellement je n’en connais pas.

Bref, Gilberte épouse Robert de Saint-Loup qui tourne pédé et va s’empresser de piquer le musicien Morel à la convoitise du Baron de Charlus…
Ah, putain, quel bordel cette histoire !


Allez, plus qu’un…

©Village People





 Chef de chantier Morel...

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